Auto-moto Les véhicules diesel immatriculés avant 97 ne seront plus autorisés à partir de 2018. Les essence à partir de 2019.

Pas peu fier le gouvernement bruxellois. Il est parvenu à s’entendre, hier, sur son plan Air Climat Énergie et ses 64 mesures, avec pour objectif de diminuer de 30 % les gaz à effet de serre à l’horizon 2025. "On a lancé aujourd’hui un mouvement qui ne s’arrêtera pas" , s’est réjoui Rudi Vervoort (PS), ministre-président de la Région bruxelloise.

Parmi ces 64 mesures, l’une fait l’objet de toutes les attentions : la création d’une zone de basse émission permanente.

En clair, les véhicules les plus polluants, soit les plus âgés, seront progressivement interdits sur tout le territoire régional. Les choses démarreront dès 2018. À cette date, les véhicules diesel d’avant 1997 n’auront plus le droit de cité sur les routes bruxelloises. En 2019, ce seront les voitures essence d’avant 97 qui passeront à la trappe.

Et ainsi de suite : les diesels immatriculés avant 2001 ne seront plus autorisés à partir de 2019, ceux de 2006 à partir de 2020, pour arriver en 2025, date à laquelle les diesels immatriculés 10 ans avant ne seront plus autorisés.

Il semblerait que le gouvernement veuille éradiquer les voitures diesel de la capitale d’autant que ces mesures vont également être accompagnées de charges fiscales alourdies pour ce type de véhicule (lire ci-contre).

Pour les voitures essence, le rythme sera plus lent. En 2025, les véhicules immatriculés avant 2001 seront interdits.

Si les interdictions cernent aussi bien les voitures que les poids lourds ou les camionnettes, les deux roues, les ancêtres de plus de 30 ans, ou les convois exceptionnels sont, eux, exemptés.

Ainsi, dès 2019, ce sont des modèles comme l’Audi 80, la Peugeot 205, la Ford Escort ou la Toyota Starlet qui sont amenés à disparaître de nos routes.

Du côté des contrôles, le gouvernement a opté pour des caméras intelligentes qui croiseront les plaques avec les données de la DIV. Les caméras seront placées sur les axes de pénétration mais aussi à l’intérieur de la ville. Ces caméras serviront aussi pour repérer d’autres infractions comme les véhicules volés ou en défaut d’assurance. Une étude, attendue pour 2017, doit par ailleurs estimer les coûts et la faisabilité du dispositif, lequel sera financé par les amendes perçues.

"C’est un cadre clair et précis qui doit permettre de vivre dans une ville respirable et saine. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas puisque la pollution de l’air est responsable de 620 décès prématurés par an à Bruxelles", justifie Céline Fremault (CDH), ministre de l’Environnement.

Il était également important pour Bruxelles de faire des efforts en matière de qualité de l’air alors que la Région est poursuivie devant la Cour de justice européenne pour non-respect des seuils d’émission.

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Les véhicules propres seront encouragés

Dès 2017, la charge des véhicules diesel, responsables d’émissions nocives pour la qualité de l’air, augmentera à travers une révision de la taxe de circulation et de la taxe de mise en circulation.

En revanche, cette nouvelle fiscalité environnementale souhaitée par la Région devrait être généreuse pour les véhicules les moins polluants comme les voitures électriques, hybrides, à hydrogène, au gaz ou encore pour les petites urbaines.

La fiscalité tiendra également compte des ménages à famille nombreuse.

Enfin, d’ici 2020, la taxe annuelle de circulation et la taxe de mise en circulation seront réformées pour diminuer la charge sur les véhicules les plus propres et alourdir la charge des plus polluants.