La décision signifie la fin du moteur à combustion pour l'entreprise, qui entame donc une transformation fondamentale à l'échelle mondiale. "Nous choisissons de la sorte d'investir dans l'avenir, qui est électrique et en ligne, à la place d'une activité en déclin", assure le CEO Håkan Samuelsson. Volvo a vendu l'an dernier 661.713 véhicules. Les automobiles hybrides et électriques représentaient 30% des ventes en Europe, mais seulement 17% à l'échelle mondiale. L'entreprise avait déjà formulé auparavant l'ambition d'augmenter, d'ici 2025, à 50% la proportion de véhicules électriques, l'autre moitié des ventes se focalisant sur les véhicules hybrides. Cet objectif est désormais revu et le constructeur ne devrait donc plus proposer que des voitures sur batteries.

Volvo assemble la XC40 Recharge, sa première voiture électrique, à Gand. En début d'année, la production d'un second modèle, la C40, a aussi été attribuée à l'usine belge. Ce nouveau modèle sera dévoilé mardi au grand public. L'usine gantoise a investi quelque 150 millions d'euros dans l'électrification des véhicules, passant à l'avant-garde du groupe en 2020 grâce à la construction d'une usine de pointe en batteries.

La marque estime que le marché des voitures à moteur à combustion se réduit. Ces dernières années, elle a par contre vu fortement augmenter la demande concernant les voitures électriques. "Nous voulons être les leaders du segment à forte croissance que représentent les voitures électriques premium", pointe Håkan Samuelsson. Volvo ambitionne également de devenir neutre sur le plan climatique d'ici 2040.

Pour la direction du groupe, les clients se tourneraient plus rapidement vers l'électrique si la législation était modifiée et si des infrastructures de qualité étaient installées en nombre pour recharger les batteries, ce qui n'est pas encore le cas partout en Europe.

En Belgique, seules 3% des nouvelles immatriculations concernaient un véhicule totalement électrique. À titre de comparaison, cette part est de 58% en Norvège. Même si le Plat Pays est loin de mener la danse en la matière, c'est bien l'usine gantoise que Volvo a choisie pour lancer la production de ses véhicules électriques, faisant de l'entreprise le plus gros employeur industriel de Flandre orientale. Le groupe entend tripler cette année l'assemblage des véhicules, guidé par une technologie de pointe.

Cette stratégie s'accompagne d'un nouveau modèle de vente, avec des véhicules tout-électriques uniquement disponibles en ligne. Le groupe compte dès lors investir massivement dans ses canaux numériques de vente. L'offre sera également drastiquement réduite, tandis que Volvo promet "des schémas tarifaires stables et transparents".

Le sort réservé au personnel des concessions et autres activités commerciales n'est pas encore fixé. "Ces partenaires sont essentiels", assure le groupe, qui entend leur assigner un nouveau rôle dans "l'expérience du client". Ils devraient ainsi continuer à offrir "d'importants services, comme la préparation du véhicule, sa livraison et l'entretien", souligne Volvo.

Le constructeur automobile chinois Geely a repris Volvo Cars à l'américain Ford en 2010. Si l'hypothèse d'une fusion entre le groupe et sa filiale suédoise a été écartée, les deux entreprises ont prévu de renforcer leur collaboration, notamment en matière de véhicules électriques et autonomes.