Ils ne sont ni des stars du show-business, ni des pilotes et encore moins journalistes. Pourtant, certains d’entre eux sont considérés comme des personnalités influentes dans le milieu et ont bâti leur fortune sur leur notoriété. Les influenceurs auto ont fait de leur passion un métier et ont chacun une communauté de fans sur les réseaux sociaux. Leur succès, ils le doivent à un cocktail fait de belles voitures et de beaux décors, mais pas seulement. Leur force première est de raconter des histoires et d’être proches de leurs followers. C’est cette proximité qui plait au plus grand nombre car les possibilités d’interactions sont nombreuses, bien plus que dans un média classique. 

Si les influenceurs auto sont nombreux sur internet, rares sont ceux qui gagnent leur vie grâce à leurs vidéos, photos ou posts. Seuls quelques heureux élus, principalement anglo-saxons, tirent leur épingle du jeu. Au sommet de la "hiérarchie" des influenceurs se trouve Supercar Blondie. Cette australienne installée à Dubaï est suivie sur Facebook et Instagram par 10 millions de personnes, ce qui en fait la mieux payée de son domaine avec environ 22.300 € gagnés… par publication ! Viennent ensuite Chris Fix et Salomondrin, qui touchent respectivement 8.800 et 8.300 € chaque fois qu’ils s’expriment. À côté de ces "stars" du domaine, quelques influenceurs francophones tirent également leur épingle du jeu, ou encore le londonien Schmee150, qui récole 10 à 15.000€ par mois rien qu’en revenus publicitaires de Youtube.

Amuseur public

En France et en Belgique, le "roi" des influenceurs automobile est POG. De son vrai nom François Dequidt, ce Franco-belge qui a fait fortune dans le développement de logiciels (on parle d’un patrimoine de 100 millions d’€) a décidé de tout plaquer pour vivre pleinement de sa passion. Propriétaires de nombreuses voitures de rêve (Ferrari, McLaren, Lamborghini, etc.), l’homme n’hésite pas à payer de sa personne en se mettant en scène avec ses nombreux « amis », dans des vidéos dont le but premier est de faire le « buzz ». Pour cela, rien n’est épargné, pas même le fait d’endommager sciemment ses beaux engins (en marchant sur une Lamborghini ou en poussant à fond une Ferrari…), voire même d’orchestrer un vrai-faux crash de sa toute nouvelle Mini dans son propre jardin pour amuser la galerie !

Avec le soutien de quelques concessionnaires, voir même d’importateurs, l’amuseur public POG ne manque pas d’imagination pour se faire remarquer et ça marche ! Sa particularité est d’inviter régulièrement ses followers à des événements publics, sortes de grandes messes à sa gloire où (presque) tous les délires sont permis. Avec ses moyens financiers illimités, son style décadent et sa passion communicative pour les voitures clinquantes, POG influence un public souvent très jeune qui peut approcher de près le rêve « ultime », une sorte de version européenne de l’American Dream. Avec 874.000 abonnés Facebook, le Franco-belge gagne entre 1.000 et 10.000 € par mois, rien qu’avec ses vidéos. C’est sans compter ses publications Instagram et son merchandising mais le total de ses gains ne doit même pas couvrir ses dépenses mensuelles en matière de réparation de ses belles voitures…

Apparences trompeuses

Autre influenceur star, dans un style radicalement différent, GMK est le bad boy bodybuildé, tatoué et plutôt sympa, à la gouaille digne des meilleurs rappeurs de l’Hexagone. Derrière ces initiales se cache George Maroun Kikano, héritier d’une famille libanaise ayant notamment fait fortune dans le transport maritime. 

Domicilié à Monaco, GMK est lui-même actif dans l’immobilier et possède une entreprise qui pose des coverings de voitures. Enfin, il a même sa propre griffe de casquettes, celles-là même qu’il porte dans des vidéos car il n’y a pas de petits profits ! Même s’il possède quelques voitures de luxe (Audi RS6, BMW M3, Ferrari 458, etc.), GMK essaie de nombreux modèles prestigieux qui lui sont prêtés dans des vidéos longues (plus de 20 minutes). Le plus souvent filmé au volant, le résident monégasque s’adresse directement à ses 990.000 abonnés en leur donnant ses impressions de conduite et leur raconte sa vie comme s’ils étaient leur ami. Comme POG, les interactions sont de mises et GMK pousse sans cesse ses spectateurs à déposer des commentaires.

L’héritier

Fils de l’homme d’affaires syro-saoudien Akkram Ojjeh (fondateur du groupe TAG), Akkram Junior complète le trio des plus grands influenceurs francophones avec 689.000 followers sur Youtube. Né dans l’opulence, Akkram n’a pas vraiment besoin de travailler pour vivre ! Il est toutefois à la tête de plusieurs entreprises dans le secteur de la confection et de la construction, ainsi que dans le transport de voitures. Depuis 2017, l’influenceur installé en région parisienne va essentiellement à la rencontre de passionnés qui lui présentent leur voiture. Sympa, proche des abonnés, Akkram Junior plait. Et pour maximiser le nombre de vues, ce dernier fait des apparitions dans les vidéos de GMK, ce qui est tout bénéfice pour les deux influenceurs. Par rapport à POG et GMK, Akkram se veut moins élitiste et n’hésite pas à essayer également des voitures plus communes, souvent modifiées pour être plus rapides.

Un genre nouveau

Sans doute plus distrayants mais beaucoup moins sérieux que la presse automobile en général, les influenceurs auto offrent une expérience totalement différente à un public qui n’ouvrirait pas forcément un magazine ou qui n’irait pas voir un site spécialisé. Leur notoriété et les retombées qui en découlent sont de plus en plus prises en compte par les constructeurs automobiles, qui n’hésitent pas à organiser des événements spécifiques imaginés sur mesure pour eux. Les services « communication » des marques, en tout cas, se frottent les mains…