Batibouw Les frais liés à l’opération rendent souvent l’opération trop coûteuse…

Nos parents et grands-parents s’en souviennent : il n’était pas rare qu’ils contractent des crédits hypothécaires à des taux qu’on jugerait aujourd’hui surréalistes. Et pourtant, des 10 à 15 % d’intérêts sur un crédit hypothécaire, c’était la norme il y a plusieurs décennies.

Il y a quelques années, les taux avaient fortement chuté, mais on se situait encore entre les 5 et 10 %, si bien que lorsque la vraie chute s’est amorcée, les emprunteurs furent nombreux à pousser la porte de leur banque pour refinancer leur crédit. Une opération souvent juteuse, pouvant faire économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros. Mais ces dernières années, les taux sont au plus bas, rendant l’opération de refinancement trop coûteuse pour ceux qui ont contracté un crédit depuis moins de 10 ans. Or, c’est durant les premières années du crédit que le refinancement est le plus intéressant, puisqu’il permet d’étaler les frais qui y sont liés sur les années restantes.

Et ces frais sont jugés prohibitifs par Test-Achats, qui a récemment dénoncé les conditions appliquées aux emprunteurs belges par rapport à nos voisins européens. Droits d’enregistrement, frais administratifs (indemnité de remploi), honoraires du notaire, frais d’hypothèque et TVA : lorsqu’on fait le calcul, la note est plutôt salée. Au total, 6 000 € pour un refinancement de 200 000 €, là où c’est gratuit pour l’Anglais, à peine 35 € pour l’Italien et moins de 500 € chez nos voisins.

Et pour vous ? Jetez d’abord un œil à votre crédit et aux taux du marché. Pour que l’affaire soit rentable, il faut une différence de taux de 1 à 1,5 % minimum entre votre taux et le taux actuel.

Ensuite, vous pouvez commencer les calculs. Comptez 3 mois d’intérêts sur le solde restant dû à titre d’indemnité (de remploi). Vous aurez également à régler les frais de mainlevée et d’acte hypothécaire. Il s’agit des frais prélevés par le notaire pour radier l’ancienne inscription hypothécaire (relative à l’ancien crédit) et couvrir la nouvelle hypothèque (relative au nouveau crédit).

Il faut encore ajouter à cela les honoraires du notaire, les frais de dossier et les éventuels frais d’estimation de votre bien immobilier. Inutile de dire que le montant de ces frais rend souvent l’opération peu rentable, surtout s’il ne vous reste que quelques années à rembourser.

Si, malgré tout , vous estimez que votre taux est trop élevé par rapport aux conditions du marché, n’hésitez pas à demander un geste à votre banquier. Cette révision de taux (arbitrage, dans le jargon bancaire), est peut-être la meilleure des solutions.