Déclaration de Paul Magnette sur la fin de l'e-commerce : le patronat réagit

Pour Comeos, cette déclaration "témoigne d'une insouciance sans précédent" tandis que le dirigeant de l'organisation patronale flamande Unizo rejette une proposition qui ne peut être émise que par quelqu'un qui "vit encore à l'âge de pierre".

Belga
"L'e-commerce est devenu une part très importante de la manière de consommer. Cela ne disparaîtra jamais", avance Danny Van Assche, "patron des patrons flamands".
"L'e-commerce est devenu une part très importante de la manière de consommer. Cela ne disparaîtra jamais", avance Danny Van Assche, "patron des patrons flamands". ©Shutterstock

La proposition du président du PS Paul Magnette de faire de la Belgique le "premier pays sans e-commerce", évoquée dans une interview accordée à l'hebdomadaire flamand Humo, fait réagir le secteur du commerce lundi soir. Pour Comeos, cette déclaration "témoigne d'une insouciance sans précédent" tandis que le dirigeant de l'organisation patronale flamande Unizo rejette une proposition qui ne peut être émise que par quelqu'un qui "vit encore à l'âge de pierre". La fédération du commerce et des services souligne que les Belges achètent massivement en ligne, plus de 80 % ayant déjà acquis un objet en ligne. Pour Danny Van Assche, "patron des patrons flamands", la déclaration de M. Magnette n'est "pas de son temps".

"L'e-commerce est devenu une part très importante de la manière de consommer. Cela ne disparaîtra jamais", avance-t-il. Si l'e-commerce devait disparaître de la Belgique, les biens acquis en ligne proviendraient dès lors de l'étranger et "nous perdrions 9 milliards d'euros en chiffre d'affaires et des dizaines de milliers d'emplois", calcule Comeos.

"Chaque chaîne de magasins physiques a une stratégie numérique"

Cette dernière regrette que le président du PS considère également que l'e-commerce fournit des emplois de moindre qualité. "Il pense que des magasins uniquement physiques survivront mais il se trompe. La réalité est que chaque chaîne de magasins physiques a aujourd'hui une stratégie numérique et que l'avenir du commerce sera physique et numérique", selon Comeos. "Si M. Magnette ne veut pas de mauvais emplois, la solution est simple : il devrait alors aider à organiser le commerce en ligne ici, en Belgique" en lieu et place de la situation actuelle monopolisée par "des acteurs étrangers".

Comeos croit qu'une alternative belge au commerce en ligne de l'étranger a sa place. Elle en veut pour preuve le doublement en 2020, poussé par les confinements, du nombre de magasins en ligne, pour atteindre 49 000 enseignes virtuelles. "Nous ne devons donc pas nous retirer progressivement, nous devons, en tant que commerçant belge, avoir la possibilité d'offrir tout le confort au consommateur moderne. Laissez l'e-commerce fleurir ici au lieu d'au-delà des frontières et vous gagnerez trois choses : une valeur ajoutée économique dans notre pays, avec des fournisseurs locaux ; des emplois belges aux conditions de travail et salariales respectables et des livraisons plus locales avec des centre-villes animés avec des plateformes logistiques locales", expose le CEO de Comeos, Dominique Michel.

Le local, "c'est possible aussi via l'e-commerce"

"Nous espérons que les consommateurs continueront encore longtemps à se rendre au magasin et nous espérons aussi qu'ils ont appris à quel point leurs commerces de proximité sont importants. Si on n'achète plus dans les commerces locaux, il y a moins de revenus et d'emplois en Belgique et les villes et villages se vident. C'est donc important d'acheter local mais c'est possible aussi via l'e-commerce", pointe de son côté M. Van Assche.

Unizo plaide pour que des règles entrent en vigueur afin de garantir une concurrence loyale entre les commerçants locaux et les géants internationaux du secteur. L'organisme évoque notamment le traitement fiscal ou les inspections. Il souhaite également l'interdiction des retours gratuits.

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