Nos objets ont une histoire : la mappemonde est une invention belge !

Elle fut inventée au 16e siècle par le Flamand Gérard De Kremer, un géographe aussi appelé…Mercator.

Guy Debisschop
Nos objets ont une histoire : la mappemonde est une invention belge !
©shutterstock

Nous connaissons tous ce petit globe terrestre, autrefois présent dans de nombreuses classes de nos écoles, qui était à l’époque utilisé par les professeurs de géographie pour donner leurs cours. Aujourd’hui dépassé par les techniques modernes, il est quelque peu délaissé dans l’enseignement et est devenu un véritable objet de décoration dans nos intérieurs, principalement les pièces réservées au bureau.

Savez-vous que ce globe terrestre, appelé mappemonde, a été inventé par un Belge, un certain Gérard De Kremer, né en 1512 à Rupelmonde, un petit village qui fait aujourd’hui partie de l’entité de Kruibeke, une commune située entre Anvers et Saint-Nicolas ? Ce Gérard De Kremer est nettement plus connu sous le nom de…Mercator.

Il aurait pu devenir philosophe mais il quitta l’université de Louvain et il se dirigea en 1534 vers l’étude de la géographie et des mathématiques auprès du mathématicien hollandais Gemma Frisius.


Trois ans plus tard, il réussit son premier coup de maître en dessinant une carte de la Terre sainte, saluée par tous ses contemporains. Et celui qu'on appelle désormais Gérardus Mercator ne s'arrêta pas en si bon chemin. En 1538, il publie sa première carte du monde, particulièrement précieuse pour les navigateurs. Charles Quint s'intéresse à lui et, pour le remercier, Mercator lui présente en 1541 un premier globe terrestre déjà relativement précis.
Mais le vent tourne. Il se heurte ensuite aux vicissitudes de la vie et est arrêté à Louvain en 1544 pour hérésie.

Né dans une famille catholique, alors que le protestantisme gagnait du terrain, il adhère à la doctrine de Luther et est accusé d’un échange de lettres suspectes avec les pères franciscains de Malines. Pendant neuf mois, il fut enfermé au château de Rupelmonde, la commune où il avait vu le jour.

A sa libération, il s’installe à Duisburg en Allemagne et accepte la chaire de mathématiques et de cosmographie à l’université locale. Et il relance sa carrière pour atteindre le sommet en 1559 en publiant une mappemonde réalisée sur 18 planches de cuivre, appelée à l’époque "projection de Mercator", représentant la projection de la surface terrestre sur un cylindre tangent à l’équateur où les méridiens sont espacés de manière régulière, la distance entre les parallèles augmentant avec la latitude.

Gérardus Mercator s’éteindra en 1594 mais son fils terminera son travail en publiant un an plus tard le premier grand Atlas Mercator entamé par son père. C’est la première fois que le mot atlas est utilisé pour désigner un ensemble de cartes géographiques.

Bien qu’un certain Abraham Ortelius, un Anversois, qui avait travaillé avec Mercator en 1554, avait déjà publié un premier recueil de cartes en 1570. Mercator et Ortelius sont considérés comme étant les deux fondateurs de la géographie moderne.

Le nom de Mercator est évidemment bien connu dans notre pays. Son visage illustra jadis nos billets de 1.000 francs et le plus célèbre voilier-école de notre marine marchande, aujourd’hui à quai à Ostende, porte son nom. Et place du Petit Sablon à Bruxelles, figure une statue du célèbre géographe tenant une mappemonde et un instrument de précision.

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