La décision d'AB Inbev de fabriquer la Leffe en Russie provoque un tollé

AB Inbev a choisi de brasser la Leffe en Russie. Une décision qui doit être expliquée... même si elle fait beaucoup de bruit.

Rédaction
La décision d'AB Inbev de fabriquer la Leffe en Russie provoque un tollé
©BELGA

Voilà un choix de la part d'AB InBev pour le moins paradoxal, dans le cadre de la guerre en Ukraine et des sanctions à l'encontre de la Russie. Alors qu'un grand nombre de grandes enseignes quitte le pays, comme McDonald, Starbucks ou Nike par exemple, AB Inbev souhaite y renforcer son contrôle. Étonnant lorsque l'on sait que le groupe avait annoncé en avril dernier son souhait de suspendre ses activités en Russie. Depuis 1966, la bière Leffe est brassée historiquement à Louvain. Pour la première fois, la société a annoncé que la Leffe brune et blonde sera produite dans sept brasseries russes. L'objectif étant de "localiser sa production des marques importées les plus demandées et les préférées des consommateurs [russes]."

Une nouvelle qui a ému beaucoup de Belges qui souhaitent à présent boycotter l'une des bières d'exportation les plus importantes du groupe ainsi que ses autres produits. D'autres personnalités plus connues telles que l'ex-première dame ukrainienne Kateryna Yushchenko ont également réagi. "Oh AB Inbev, pas très élégant de soutenir le génocide. Les Européens de l'Ouest aiment faire la leçon aux autres sur la corruption alors qu'ils choisissent eux-mêmes l'argent plutôt que la morale. Boycottez la bière Leffe", a-t-elle écrit sur Twitter.

Ce que l'on sait

En réalité, cette décision a été prise par AB InBev-Efes. Il s'agit d'une entreprise commune entre AB Inbev et la société turque Anadolu Efes. Seulement, AB Inbev n'est pas majoritaire et n'a donc pas le monopole de la décision. Ces deux sociétés collaborent dans de nombreux pays, dont la Russie, depuis 2018.

Suite à cette polémique, AB Inbev a tenu à réagir. La société affirme vouloir vendre ses parts dans cette société commune depuis l'invasion des Russes en Ukraine. "Des discussions actives se poursuivent entre les parties concernant la vente de la participation sans contrôle d'AB InBev dans la joint-venture AB InBev - Efes à son partenaire, le brasseur turc Anadolu Efes."

Du coup, qu'est-ce qui manque pour acter cette vente? "La suspension de la licence de vente de certaines marques fait partie des discussions de transaction en cours avec Anadolu Efes", explique AB Inbev. Tout en ajoutant: "Comme annoncé précédemment, AB InBev renonce également à tout bénéfice financier provenant des opérations de la joint-venture."

Tant qu'aucune solution n'est trouvée, AB InBev-Efes peut continuer à brasser la Leffe ou... vendre la Stella Artois. En effet, la pils est également bien présente sur le territoire russe.

Légalement, la bière, comme d'autres produits alimentaires, n'est pas sous la menace des sanctions de l'UE. Du moins tant que les entreprises européennes qui en produisent ne coopèrent pas avec des individus ciblés par l'UE et qu'elles respectent les autres sanctions qui touchent le transport par exemple.

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