Pourquoi la grève chez Delhaize est inéluctable

La grande distribution peine à garder la tête hors de l’eau : les faillites menacent.

Pourquoi la grève chez Delhaize est inéluctable
©BELGA

Alors que la grande distribution peine à trouver un équilibre entre l’augmentation des coûts de l’énergie, l’indexation des salaires et les difficiles négociations avec les fournisseurs, c’est un nouveau grain de sable qui vient enrayer la machine chez Delhaize.

Après un vaste plan de restructuration qui a conduit à au licenciement de 2000 travailleurs, l’enseigne au Lion devait plancher su un nouveau modèle d’organisation pour compenser ces départs. Mais, la réorganisation opérée en 2019 pour faire fonctionner les magasins plus efficacement n’a jamais été acceptée par les syndicats chrétiens et libéraux. Si le Setca y avait adhéré dans un premier temps, il s’est ensuite rétracté. Une réunion de conciliation a eu lieu lundi mais n’a pas permis de déboucher sur un accord. Le Setca et la CGSLB ont donc déposé un préavis de grève qui expirera dans deux semaines. La direction ne semble cependant pas disposée à revoir ses plans, si bien que la grève semble inéluctable.

Les syndicats regrettent que les entités belges des grands groupes de distribution soient très peu considérées et dirigées par des patrons qui ne connaissent pas suffisamment la culture belge de la concertation sociale. Une problématique qui n’est pas propre à Delhaize car les tensions sociales sont tout aussi vives chez Carrefour et Lidl.

Par ailleurs, “la grande distribution s’est engagée dans une guerre des prix qui laisse peu de marge de manœuvre pour un meilleur équilibre entre chiffre d’affaires et bien-être du personnel”, dénonce Myriam Delmée, présidente du Setca.

De nombreux magasins ont en effet la corde au cou entre la hausse des prix de l’énergie, l’inflation vertigineuse ou encore la baisse du pouvoir d’achat. Au bord du gouffre, certains franchisés sont menacés de faillite et ne peuvent dès lors que rogner sur les frais de personnel pour tenter de survivre. Selon Myriam Delmée, la fin inéluctable de Makro n’est qu’un début. D’autres vont suivre car aucune enseigne n’est aujourd’hui en excellente santé.

C’est tout le modèle de la grande distribution qui doit être revu pour éviter de nouvelles restructurations et licenciements. Si les Libéraux plaident pour davantage de travail étudiant ou de flexijobs, les syndicats y voient une réelle menace de voir les emplois qualifiés dans la grande distribution passer à la trappe. “Ce serait simplement reculer un petit peu le mur, sans pour autant freiner la course qui nous y amène droit dedans”, indiquait Myriam Delmée à nos confrères de Gondola.

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