Elles mettent du baume au cœur: la saison des raclettes, c’est parti (et heureusement pour les fromagers)

La fameuse raclette party a toujours autant de succès. Malgré des prix un peu revus à la hausse.

E.W.
Elles mettent du baume au cœur: la saison des raclettes, c’est parti (et heureusement pour les fromagers)
©Shutterstock

À partir de 16 h, ce lundi, je n'ai plus fait que ça, couper du fromage à raclette", sourit Hélène, de la belle fromagerie "Sœurs" rue Lesbroussart à Ixelles. Le Belge n'a pas changé ses habitudes et dès le premier week-end un peu pluvieux et frais arrivé, il a sauté sur la raclette. D'après l'indice des prix à la consommation, le fromage a augmenté de 12 % en un an. Chez "Sœurs", les deux frangines fromagères n'ont pas voulu augmenter les prix, surtout pas sur ce produit particulier et proposent toujours les meules des producteurs suisses, savoyards et belges (La fromagerie du Valèt à Waimes), avec qui elles travaillent. "Pour l'instant, on tient et on sait qu'il y a du volume sur la raclette alors on a maintenu les mêmes prix." Entre 22,50 et 65 €/kg pour la raclette avec de vrais morceaux de truffe ! A-t-elle vu une baisse de fréquentation de la clientèle attirée par les prix plus bas des supermarchés ? Pas sur la raclette, dit-elle : "J'ai même encore beaucoup d'étudiants qui viennent, préférant se cotiser pour avoir un peu moins en quantité (on compte 200 à 250 g par personne) mais une qualité et un goût incomparables. C'est mieux de manger du bon que de se gaver de calories vides !"

Michel Vervaeke, de la bien connue "Patte Noire" à Jodoigne, comprend qu'on puisse céder devant le prix des raclettes en barquettes : "On en trouve à 7 € le kilo ! Mais qu'est-ce qu'il y a là-dedans pour un prix si bas ? Du lait pasteurisé, des additifs et pas de goût."

Le fromager-charcutier parle franc et s'il avoue aussi que la saison a vraiment bien commencé pour la raclette, il dit qu'il s'est vu contraint d'augmenter un peu les prix. Les prix pour la douzaine de sortes qu'il propose commencent à 28€ pour de la savoyarde. Les clients sont toujours là : "Le week-end, ça n'arrête pas. J'ai une nouvelle variété à la sarriette, elle est incroyable."

Du côté de la grande distribution, c'est aussi l'effervescence au rayon fromage : "Les volumes s'envolent car les températures ont diminué assez vite en cette fin septembre, début octobre", signale la porte-parole de Colruyt, Nathalie Roisin qui pointe un manque dans l'offre : "Il y a moins de fromage sur le marché. En cause, la disponibilité du lait. D'une part, il y a le décret azote en Flandre, qui a réduit les cheptels ; et d'autre part, la valorisation du lait disponible en beurre, crème ou poudre est pour l'heure plus intéressante pour les éleveurs. Et la sécheresse n'a rien arrangé, avec un lait globalement plus faible en matière grasse. Donc pour l'instant, il faut plus de lait pour faire 1kg de fromage. Résultat : on fait moins de fromage." La fourchette de prix varie de 16,28 à 22,9 €/kg, dans des formats allant de 350 g à 1,5 kg.

Chez Carrefour, on pointe le succès fou de la raclette au sud du pays : "Environ 80 % du volume est réalisé à Bruxelles et en Wallonie", estime la porte-parole de l'enseigne, Siryn Stambouli. "Vu le contexte, nous n'avons pas voulu être très créatifs et avons reconduit pour l'essentiel notre assortiment de l'hiver dernier", précise-t-elle. Et Carrefour mise sur l'équipement en tant que magasin "tout sous le même toit" : "Nous vendons des équipements dont 3 appareils à raclette de marque Carrefour."

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