Même si on ne le porte plus beaucoup de nos jours, tout le monde connaît le fameux chapeau Panama qui a fait le bonheur des hommes élégants, mais aussi des femmes, pendant une bonne partie du 20e siècle.

Le vrai Panama est un chapeau de luxe, tissé à la main dans une fibre conçue avec de jeunes pousses de palmiers en provenance d’Equateur. Le nec plus ultra s’appelle Montecristi, le nom de la ville où il est réalisé. Viennent ensuite dans la hiérarchie des vrais Panama, le Cuenca et le Brisa. Et puis, il y a les imitations en fibre de cellulose. Comment reconnaître un vrai Panama? Simple, les imitations ne sentent pas la paille. Et si vous tentez de le plier, le vrai Panama ne se brise pas. Et son prix peut atteindre largement plus de 1 000 €…

Le Panama a connu son heure de gloire dans les stations balnéaires, dans les années 1920 à 1930, principalement en Europe, aux Etats-Unis et dans certains pays d’Amérique latine. Mais, aujourd’hui, de grands créateurs de mode continuent à le mettre régulièrement en valeur, notamment Gucci qui en avait fait une de ses stars de l’été 2009.

Le Panama a été porté par de nombreux personnages célèbres : Winston Churchill, Orson Welles, Harrison Ford, Alain Delon… Il joua également un rôle dans la loi du chapeau, imposée en Turquie en 1925 par Atatürk qui voulait moderniser son pays. Il interdit le port de couvre-chefs orientaux et s’afficha personnellement avec un superbe Panama qu’il recommanda vivement aux hommes.

Mais pourquoi ce chapeau s’appelle-t-il Panama ? Parce qu’il vient évidemment du Panama, un pays d’Amérique centrale peuplé par un peu plus de 4 millions d’habitants. Pas du tout ! En 1880, sous l’impulsion du Français Ferdinand de Lesseps débuta la construction du canal de Panama (inauguré en 1914) qui devait relier l’océan Pacifique à l’océan Atlantique sur une longueur de 77 km. De très nombreux ouvriers équatoriens participèrent à cette réalisation qui coûta plus de 6 000 vies (accidents et maladies). Ces ouvriers portaient un chapeau de paille très efficace contre les effets du soleil. Ce couvre-chef, qu’ils appelaient Paja Toquillas, existait, sous une forme plus primaire, depuis le 16e siècle.

En 1906, le président américain Theodore Roosevelt, en visite sur le chantier du canal de Panama, rencontra des ouvriers équatoriens qui lui remirent en guise de cadeau un superbe chapeau réalisé chez eux. Très fier de son nouveau chapeau, Theodore Roosevelt le porta ensuite assez souvent et il le baptisa “Panama” en souvenir de l’endroit où il l’avait reçu. Et c’est ainsi que le Panama, qui fait aujourd’hui partie du patrimoine culturel de l’Equateur, est né