L’invention du marqueur, aussi appelé stylo-feutre, est relativement récente. Les premiers modèles furent imaginés à la fin des années 1940. Le but était de créer un gros stylo destiné à l’étiquetage dans l’industrie. Mais le feutre de cette époque n’était pas pratique. Il s’usait très rapidement et il grattait très vite le papier sur lequel on écrivait. Malgré tout, le monde artistique s’en était également emparé.

Le premier stylo-feutre à la pointe résistante sortit de l’atelier d’un certain Sidney Rosenthal qui, en 1952, inventa à New York le « Magic Marker » constitué d’une bouteille en verre contenant de l’encre et d’une mèche en feutre de laine. Le succès fut au rendez-vous, même si l’objet n’était pas particulièrement aisé à manier. Progressivement, l’utilisation du marqueur s’installa dans les habitudes principalement pour le marquage des emballages et la création d’affiches.

Mais le stylo-feutre moderne, destiné au commun des mortels, vit le jour au Japon en 1963 dans les murs de la société Pentel. Dans un premier temps, cette société fabriqua des stylos-feutres à pointe acrylique réservés à l’écriture sur les tableaux blancs de type Velleda. Dans la foulée, Pentel commercialisa ensuite des feutres destinés au grand public à pointe bille roller ou à pointe céramique.

Si Pentel était le roi du stylo-feutre au Japon, en Europe, l’Allemand Schwan-Stabilo était également très actif. En 1971, il mit au point un produit révolutionnaire, un surligneur à l’encre fluorescente, vulgairement appelé, depuis Stabilo. Son succès fut planétaire…
Assez curieusement, le Stabilo avait la réputation d’être utilisé surtout par les hommes. « Un surligneur d’hommes dans un monde d’hommes » comme la célèbre marque aimait à le dire…Mais, aujourd’hui, les femmes ont accédé au pouvoir et Stabilo en a tenu compte. En 2014, le fabricant allemand commercialisa un feutre surligneur spécifiquement réservé aux femmes appelé Néon, avec un slogan très clair: « le boss au féminin ». Il affichait un style délibérément féminin présentant une forme élancée, des courbes élégantes et un toucher de velours. Ses couleurs : jaune, orange, vert et rose…bien entendu. Mal lui en a pris, Stabilo ramassa une volée de critiques pour sexisme…

Comme nous l’avons vu, malgré ses défauts, l’ancêtre du stylo-feutre avait déjà attiré l’attention du monde artistique. Les améliorations, apportées à ce stylo, motivèrent davantage les artistes à l’utiliser mais dans un cadre assez limité malgré tout. Le stylo-feutre est généralement utilisé pour des projets d’esquisses ainsi que pour les premiers jets. Il est rarement destiné à la réalisation d’œuvres définitives tout simplement parce que, à de rares exceptions (marqueurs à l’encre de Chine pigmentée notamment), l’encre du feutre résiste mal à l’exposition à la lumière. A quoi bon signer une œuvre qui disparaîtra avec le temps ?