Aujourd’hui, le cendrier fait partie des objets désuets qui ont pratiquement disparu de notre univers. Jadis, dans chaque habitation, un grand et souvent beau cendrier trônait sur la table du salon. Mais pas uniquement, on en trouvait même dans les toilettes… C’était l’époque où la cigarette était reine.

De nos jours, les actions contre le tabagisme, entreprises depuis de nombreuses années, ont chassé la cigarette et le cigare un peu partout. Et le cendrier est inévitablement passé lui aussi à la trappe.

Dans nos pays, le tabagisme s’est manifesté vers le 16e siècle. Assez vite, il fut montré du doigt par certains. En 1603, le roi Jacques d’Angleterre notamment estimait que le tabagisme était une habitude “répugnante et nocive pour les cerveaux. “En réalité, la lutte contre le tabagisme n’est pas récente. Dans le passé, du pape Urbain XIII (17e siècle) à… Adolf Hitler, qui avait interdit de fumer dans les espaces publics, la cigarette a eu la vie dure…

Le cendrier est toujours utilisé par les fumeurs mais, étant donné que ceux-ci sont de moins en moins nombreux, il est surtout devenu aujourd’hui un objet de collection. Et il peut coûter très cher. Quelques exemples : un cendrier en verre teinté de la célèbre maison close “Le Sphinx” de Montparnasse 600 €, un cendrier Art Nouveau Moser 1 100 €, un cendrier Rolex 1 400 €, un Murano 1 700 €, un cendrier vintage indien en pierre de jade mis en vente à 2 700 €.

Les cendriers publicitaires font fureur chez les collectionneurs. Et ils ont leur place dans les musées. La famille d’un grand collectionneur français, Guy Sirot-Devineau, a fait ainsi don d’une collection remarquable de 200 pièces publicitaires au Musée des Arts Décoratifs de Paris

Apparu chez nous au milieu du 19e siècle, le cendrier régna dans le monde des fumeurs pendant largement plus d’un siècle. À l’époque, l’ouvrage “Le Vocabulaire des objets civils et domestiques” définissait ainsi l’objet aujourd’hui quasi disparu : “Récipient de formes, matériaux et dimensions variés servant à recueillir les cendres des cigares et cigarettes et pouvant comporter un ou plusieurs réceptacles incurvés pour y déposer horizontalement la cigarette, le cigare ou la pipe.”

Au cours des années 1930 à 1960, c’est l’âge d’or du cendrier qui se développe grâce à de nouvelles techniques de faïences mais aussi l’utilisation du pyrex, de l’opaline et des matières plastiques. Le cendrier publicitaire, débarque à la fin du 19e siècle dans les cafés et brasseries où il connaît rapidement son apogée. Mais dès 1980, suite aux premières attaques dures contre le tabagisme, avec, dans la foulée, les interdictions de fumer dans certains endroits, publics notamment, la cigarette et le cigare perdent de nombreux adeptes et le cendrier décline inévitablement en leur compagnie. Pour revenir en force comme objet de collection…