Nos petits appellent le plus souvent “nounours” ce petit ours en peluche qui les accompagne dans leurs jeux ou leur sommeil. Mais d’où vient-il ce sympathique animal qui rassure les enfants des deux sexes ? Son histoire est curieuse. En réalité, nounours a vu le jour quasi en même temps, la même année (1902), en Allemagne et aux États-Unis.

Margarete Steiff était une jeune couturière allemande, paralysée des deux jambes. Un jour, avec un coussin d’aiguilles, elle fabriqua un petit animal en feutre. Et le succès fut au rendez-vous dans son entourage. Un peu plus tard en 1902, son neveu, qui adorait les visites au zoo, lui propose de réaliser un petit ours articulé, toujours en feutre. Il était persuadé que cet animal allait plaire à tous les enfants, garçons et filles. Il avait en effet constaté qu’au zoo qu’il fréquentait, les ours attiraient tous les enfants. C’est ainsi que Margarete Steiff s’est limitée à la fabrication des petits ours en peluche qui connurent un succès immédiat à la Foire du jouet de Leipzig en 1903.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Nous sommes toujours en 1902. Cette fois aux États-Unis. Le président Théodore (surnommé Teddy) Roosevelt participe à une chasse à l’ours. Pas très adroit, il rentre sans le moindre trophée au camp de base.

Pour lui faire plaisir, plusieurs accompagnateurs attachent un jeune ours à un arbre et lui proposent de l’abattre. Ce que le président, indigné, refuse. L’histoire est reprise par les journaux américains et, dans l’un des médias, un dessin représente un petit ours visiblement rassuré face au président qui retire de cette histoire un énorme mouvement de sympathie aux quatre coins du pays.

Très vite un couple de migrants russes comprend qu’une bonne affaire est possible et, avec l’autorisation du président, il réalise un petit ours en peluche comme celui de Margarette Steiff, qui est baptisé “Teddy Bear” (l’ours de Teddy, le surnom du président).

Voilà comment nounours est né en même temps sur deux continents différents. Et il n’attire pas que les petits. Des adultes, restés de grands enfants, les collectionnent. On les appelle “arctophiles” du grec “arctos” qui signifie ours. Et certains de ces petits ours valent une fortune.

Margarete Steiff donna son nom à une société de jouets (déjà créée en 1880 à une petite échelle) encore bien présente aujourd’hui. Pour les 125 ans de l’entreprise, 125 oursons dorés furent produits. Leur prix : 79.000 € l’unité. Il faut préciser que leur fourrure contenait des fils d’or et le nez du petit animal était en or pur. Leurs yeux étaient réalisés avec des diamants véritables. D’autres exemples : en 2002 un petit

ours en peluche Teddy Baer fut vendu pour 120000 € lors du Steiff Festival en Allemagne. Une dizaine d’années plus tôt, en 1989, un ourson Happy Teddy, d’une valeur actuelle de 65000 €, fut offert par un certain Paul Volpp, à sa femme Rosemary, comme cadeau d’anniversaire pour leurs 42 ans de mariage…

Le sommet fut atteint en 2000 par un ourson Louis Vuitton vendu près de 2 millions d’euros à Monaco lors d’une soirée caritative. Avec de riches fourrures, des yeux en or, saphir et diamants, cet ours en peluche fabriqué par Steiff et Louis Vuitton est sans conteste le plus cher au monde. On peut l’admirer, aujourd’hui, au musée des oursons en peluche à Jeju, en Corée du Sud.