Consommation Augmenter de 10 % la consommation de ce type d’aliments pourrait faire grimper le taux de mortalité de 14 %.

Les aliments ultra-transformés ont envahi les rayons. Et si la grande distribution multiplie les initiatives pour tenter d’inciter le consommateur à manger plus sainement, ils constituent toujours une part importante de notre alimentation. Barres chocolatées, plats préparés et autres produits à la liste d’ingrédients interminable figurent en bonne place dans nos placards et frigos, représentant entre 20 et 50 % de notre alimentation quotidienne.

De 2009 à 2017, les chercheurs de l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren) ont suivi 44 551 participants, âgés de 45 ans au minimum, dans le cadre d’une étude plus large menée sur l’alimentation des Français. Tous les six mois, les volontaires ont fourni aux scientifiques des informations sur leur alimentation pendant les trois derniers jours. En sept ans, 602 personnes sont décédées.

L’analyse de l’alimentation des participants montre que les aliments ultra-transformés représentent en moyenne 29 % des apports énergétiques et 14,4 % du poids total des aliments consommés.

Les chercheurs se montrent cependant prudents et ne veulent pas verser dans l’alarmisme. Toutefois, certaines précautions sont à prendre. Selon le docteur Mathilde Touvier, directrice de l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle auteure de cette étude, le pire serait "les sodas, les soupes déshydratées en poudre, les barres chocolatées et certains plats préparés industriellement, qui vont contenir des sauces toutes faites avec des additifs de type émulsifiants, colorants et texturants".

Si les risques de provoquer des cancers sont avancés, aucune base scientifique ne permet d’affirmer que c’est là l’unique cause des maladies développées dans le groupe analysé, même si "parmi les 44 000 participants 600 sont décédés au cours du suivi, dont 200 à cause d’un cancer", a-t-elle souligné.

Les chercheurs ont ainsi relevé qu’une augmentation de 10 % de la proportion de produits ultra-transformés dans l’alimentation était associée à une augmentation de 14 % de la mortalité.

Parmi les publics les plus à risque, on retrouve les jeunes et les personnes les moins bien nanties, pour qui les aliments ultratransformés représentent une part importante de leur alimentation.