De plus en plus d’établissements ne souhaitent plus accueillir les moins de 16 ans.

L’affaire avait fait grand bruit en 2018, lorsque ce restaurateur de Nieuport avait décidé d’interdire l’accès à son établissement aux enfants. Sa pancarte, trônant toujours devant son restaurant situé sur la digue reste une sorte d’attraction, "photographiée 50 fois par jour", nous confiait Noël Brossé l’an dernier, assurant au passage ne pas regretter son choix.

"C’est une décision qui a beaucoup choqué et qui surprend encore mais je l’assume totalement. Je ne vois pas pourquoi des hôtels pourraient bannir les enfants et pas moi. J’ai perdu énormément d’argent lorsque j’acceptais la jeune clientèle. J’ai perdu 60 000 euros en 5 ans ! Des chaises à remplacer, des tables abîmées, je n’en pouvais plus de devoir changer le mobilier, tout cela parce que des parents laissent leurs enfants tout faire. Sans compter les allers et retours de ces petits qui courraient partout, entraient et sortaient sans cesse du restaurant."

Au final, il estime, bad buzz ou pas, avoir attiré une clientèle plus importante. Les autres patrons de restaurants ayant adopté la mesure, que ce soit aux États-Unis ou en Italie tiennent le même discours. Si la mesure est loin d’être populaire et suscite souvent le courroux des familles, elle rassure une certaine clientèle (sans enfants) qui voit en ces lieux un véritable havre de paix.

Dernier en date à avoir franchi le pas, une pizzeria qui pointe du doigt le comportement des enfants. Son message est sans équivoque : "Avis à tous les parents, laissez les enfants malpolis à la maison ou essayez de les éduquer […] Les enfants laissés sans surveillance, qui courent partout dans le restaurant, qui hurlent ou mettent les pieds sur les chaises dérangent les clients. Nous nous réservons le droit de les prendre en cuisine pour leur faire faire la vaisselle avec du ruban adhésif sur la bouche", peut-on lire sur l’affiche placardée à l’entrée du restaurant "Bagà".

Le restaurateur s’est même dit prêt à perdre une partie de sa clientèle pour retrouver la "quiétude." En France aussi, certains hésitent à bannir les enfants de leur restaurant, mais la loi pourrait se retourner contre eux. Le Code pénal stipule en effet qu’il est interdit à tout commerçant de refuser la vente d’un produit ou d’un service à quiconque en raison de son âge, sexe, origine, etc. Lorsque le motif du refus repose sur une discrimination et qu’il concerne un lieu accueillant du public, la loi prévoit une peine de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. De quoi rendre le comportement de certains enfants… plus supportable.