Consommation L’Américain casse les prix (-15 à -20 %) et risque bien de bousculer les habitudes de consommation.

Il aura fallu plus de quatre ans au géant américain Costco, numéro deux mondial de la grande distribution, pour voir son premier magasin ouvrir ses portes en France. Il faut dire que la concurrence a tout fait, jusqu’aux multiples recours judiciaires, pour tenter d’empêcher ce discounter d’un genre nouveau de débarquer sur ses terres.

C’est donc finalement jeudi, après avoir bataillé durant quatre ans contre ses adversaires et les complexités administratives, que Costco a accueilli ses premiers clients français dans l’Essonne (région parisienne). Une première enseigne qui ne s’apparente en rien à un test, mais bien au début d’un déploiement au sein de l’Hexagone qui devrait compter une vingtaine de points de vente d’ici moins de dix ans.

Costco fait figure d’ovni dans le paysage de la grande distribution. Par son format d’abord : 13.750 mètres carrés pour le magasin de l’Essonne, et quelque 3.800 références, soit 10 à 20 fois moins qu’un Carrefour, Auchan, Leclercq ou autre ténor du marché.

Son concept est aussi totalement inédit. D’abord parce que pour avoir le droit de pénétrer dans le magasin, il faut posséder une carte client, vendue au prix de 36 € pour une année.

Si Costco peut se permettre d’imposer un droit d’entrée, c’est bien évidemment parce qu’il sait que ses prix font la différence. Pas besoin de publicité en effet pour le groupe, c’est le bouche-à-oreille le principal atout marketing.

De l’alimentation à l’électroménager en passant par le textile et même les lunettes, on trouve de tout chez Costco. Et à des prix généralement moins chers de 15 à 20 % par rapport à la concurrence. À condition de ne pas être effrayés par les volumes. Dans ce qui ressemble davantage à un vaste entrepôt, les marchandises sont en effet vendues en gros. Exemple : le croissant ne s’achète pas à l’unité mais par boîte de 12 (prix : 4,99 €). Au rayon électroménager, rassurez-vous, la télévision ou le lave-linge ne s’achètent pas par palettes, ni les vêtements d’ailleurs.

Le distributeur compte environ 50 % de clients professionnels, pour autant de particuliers. Et vu les conditionnements, il vise prioritairement les familles avec deux enfants, voire plus.

Un deuxième point de vente devrait ouvrir prochainement en région parisienne, avant un déploiement dans toute la France. Pour sûr, Costco ne s’arrêtera pas à la frontière et viendra donc aussi prochainement titiller la grande distribution en Belgique…