Vous y songez moins qu’au beau George lorsque vous sirotez le crema de votre Ristretto, mais chez Nespresso, modèle d’excellence et de puissance marketing-glossy, on aime fichtrement le café, sa provenance, son traitement. C’est ce qu’on a pu apprécier à Avenches, commune typiquement suisse de 3.000 âmes logée dans le canton de Vaud. Bourgade au climat favorable tant sur le plan de l’air pur que de la… fiscalité.

C’est donc là, en Suisse romande, à 40 minutes de Lausanne et cinq d’une autoroute qui tutoie le bétail, que Nespresso a planté son plus fameux Production Centre, en 2008. Il a rejoint l’usine d’Orbe, sise à quelques kilomètres, depuis 2002.

Vous l’avez compris : "Oui, toutes les capsules Nespresso dégustées dans le monde sont produites ici, en Suisse, nous confirme Diane Duperret, Corporate PR Manager Nespresso . Ce qui leur garantit donc, à l’inverse de compagnies comme Coca-Cola, qui adapte ses produits en fonction de l’eau et des préférences gustatives locales, un goût absolument similaire, que vous les buviez à Rio, Lausanne ou Bruxelles. C’est pour cette raison qu’on s’efforce de développer une gamme la plus complète possible, avec 21 variétés pour les consommateurs et huit pour l’Horeca et les entreprises. Histoire que chacun y trouve son compte."

Cependant, Avenches (405 millions d’euros le bébé) et son aîné Orbe (175 millions d’investissement), ainsi que les 1.100 personnes qui y travaillent, ne suffisent pas à contenter les gosiers en quête de caféine que dessert Nespresso dans 50 pays (avec l’Europe comme marché n°1).

Du coup, c’est à Romont, en Suisse toujours, mais dans le canton de Fribourg cette fois, que la firme ouvrira son troisième Production Center, à horizon mi-2015. Une croissance annuelle à deux chiffres, et le nombre de 6 milliards de capsules écoulées par an (impossible d’en arracher confirmation auprès de nos hôtes) appelle forcément quelques lignes de production en plus…

Si ce n’est pas une première, l’ouverture des portes d’Avenches aux journalistes reste un événement relativement exceptionnel, tant Nespresso cultive un certain culte du secret autour de son fonctionnement. En revanche, il est un point sur lequel l’autre Big N (le premier reste Nintendo) disserte à foison : la qualité du café, son respect, sa provenance, son traitement, ses arômes. Cela tombe bien : on est plutôt accros à ces grains magiques, accouchant de l’autre or noir du monde. Quelle ne fut pas notre fierté, lors du test dégustation avec Cédric Delez, respecté expert café, d’avoir ses compliments lorsque nous décelions le citron, alors qu’il fallait déceler le jasmin, dans ce café d’origine éthiopienne à la base du Lungo Leggero !

Vêtus donc de l’indispensable toge maison, badge de sécurité autour du cou et chaussures fermées aux pieds, on part à la découverte des entrailles de Nespresso. Et des différentes étapes, tantôt locales, tantôt olfactives, tantôt sensitives ou gustatives, qui transforment cette cerise verte (puis jaune, puis rouge) venue de Colombie, du Brésil ou d’ailleurs en capsule en alu savamment emballée et rangée dans une boutique branchée, aux vendeurs/vendeuses qui laissent rarement insensible votre moitié. 

Un voyage caféiné émoustillant, qui nous fit comprendre que, derrière l’apparat bling-bling Nespresso, reposent un profond respect et une constante recherche de la manière optimale de tirer la quintessence de ce, toujours mystérieux, et divin, grain de café.