Pascal Fauville, artisan fromager passionné dont la boutique "À table - Maison fromagère" a pignon sur rue à Hannut, est formel : "La raclette bat des records de commandes pour les repas de réveillon, Noël comme Nouvel an ! Elle se démarque nettement par rapport au plateau fromager qui tirait pas mal son épingle du jeu les dernières années."

"Une bonne raclette, c’est rassurant !", estime Étienne Boissy de From Comptoir à Bruxelles. Et les clients en ont besoin, du réconfort, on dirait : "En principe, on table sur 200 g par personne, cela fait 4 belles et longues tranches d’un quart de raclette", décrit le fromager originaire de Lyon, "Mais souvent, même pour deux, les gens demandent 600 g !" Et s’il vous plaît, ne coupez pas les croûtes, grillées, cela apporte encore plus de bonheur…

Et le consommateur est prêt à y mettre le prix : "Il y a une vraie montée en gamme de ce produit dictée directement par le consommateur. Avant, on allait au supermarché acheter une raclette industrielle sous plastique, aujourd’hui, on fait appel à l’expertise d’un fromager pour acheter un produit de qualité au lait cru, voire bio", commente Nicolas Julhès

Michel Vervaeke de La Patte Noire à Jodoigne conseille sans hésiter la raclette de Suisse car elle est "plus typée, plus forte en goût. C’est simple : c’est l’altitude et la différence d’herbage qui donne du goût au lait et donc au fromage".

Cependant, avec un prix au kilo débutant à 20 € pour un fromage au lait cru (et jusqu’à 40 € pour la Bagnes, la Rolls des raclettes du Valais), cela reste un plat au coût raisonnable…

Pascal Fauville apprécie aussi particulièrement la tradition fromagère et populaire en Suisse. Lui qui fut cuisinier puis poissonnier est tombé dans le fromage en 2008 et bien lui en a pris : il a un fameux palmarès dont celui de Meilleur Fromager de Belgique en 2010. "Il faut voir les producteurs de Suisse à l’œuvre, quel travail ! Et tout ça dans les alpages, dans les chalets… La tradition y est tellement riche : la soupe de chalet, la tartine au gruyère… Mais rien n’éclipse la raclette", s’amuse-t-il, et surtout pas celle du Valais, la reine des raclettes.

Même si... son coeur balance quand même sérieusement pour la fondue, "parce qu’il y a autant de recettes que de personnes à qui on demande comment elles la font !" : "La fondue moitié-moitié avec le vacherin fribourgeois et le gruyère AOP, c’est simplement parfait : il y a quelque chose de magique à mettre la casserole à table et que tout le monde se régale avec deux ingrédients seulement !" Le gruyère Réserve sera plus fort et l’Alpage encore plus prononcé, à vous de choisir pour un prix de 27 € le kilo pour débuter… Sur la table de Noël du fromager de Hannut, il y aura 3 ou 4 sortes de raclette et 7 ou 8 charcuteries et pas que de la viande des Grisons. Parce que l’objectif, c’est le plaisir total !