Au Centre européen des Fruits et Légumes, à Bruxelles, l’activité se poursuit mais impacte de manière totalement différentes les 22 importateurs qui sont regroupés. Chaque année, ce sont pas moins de 850 tonnes de fruits et légumes qui transitent par ces vastes halles. Le coronavirus n’y est pas sans impact. “Chacun des importateurs a sa spécialité”, indique Philippe Devigne, directeur du Centre européen des Fruits et Légumes.

“Certains sont focalisés sur la grande distribution, d’autres sur l’Horeca ou des marchés plus spécifiques. Il est clair que ceux qui ont comme clients des restaurateurs sont beaucoup plus impactés. Parfois, ils sont même doublement touchés. Les fruits exotiques, par exemple, sont principalement destinés à l’Horeca. Mais comme ces produits viennent par avion et que de nombreux avions ne volent plus, les spécialistes de ce secteur ont du mal à s’approvisionner. Et quand, en plus, ils perdent une partie de leur clientèle, cela devient franchement compliqué.”

La situation actuelle n’est pas sans générer certaines tensions également. “Nous importons beaucoup de fruits et légumes d’Espagne, un pays fortement touché par le coronavirus. Il est donc parfois difficile de faire passer le message et là où une commande se réglait avant sur un simple coup de fil, il faut parfois se montrer beaucoup plus ferme pour qu’une commande soit honorée.”

Autre facteur de tension, l’arrivée de certains chauffeurs en provenance de l’étranger qui ne respectent pas toujours les règles élémentaires de protection, que ce soit la distanciation ou d’autres recommandations. “Tous ne se rendent pas compte qu’ils prennent parfois des risques pour eux-mêmes et pour les personnes qu’ils côtoient. Cela aussi peut générer des tensions, mais nous mettons tout en oeuvre pour que cela se passe le mieux possible.”