En Belgique, une personne sur mille est aveugle et une sur cent est malvoyante. Développer de nouveaux outils pour améliorer le quotidien de ces personnes n’entre a priori pas dans les missions que peuvent se confier les grandes multinationales de l’agroalimentaire. Et pourtant, on l’ignore mais Kellog n’était, à l’origine, pas une société à vocation commerciale puisque son fondateur, John Hervey Kellog, était chirurgien et gérait un centre hospitalier. Les premiers corn-flakes qu’il créa (par accident) n’étaient d’ailleurs pas ceux qui ont contribué au succès de la marque puisqu’ils étaient fades et destinés aux patients du sanatorium. C’est son frère, Will Keith Kellog qui fondera ensuite la société telle qu’on la connaît aujourd’hui et reverra la recette des corn-flakes, en y ajoutant notamment du sucre.

"C’est donc quelque part dans les gènes de notre entreprise d’œuvrer pour le bien-être", explique Luc Houben, general manager de Kellog Benelux. "Cela se traduit dans notre philosophie d’équité, de diversité et surtout d’inclusion. Nous sommes donc très fiers de pouvoir annoncer que nous sommes la première société en Europe à développer un partenariat avec NaviLens pour doter nos emballages d’un code facile à scanner au moyen d’un smartphone pour permettre aux malvoyants et non-voyants d’entendre la liste des ingrédients et toutes les informations utiles sur les céréales qu’ils achètent et consomment."

La technologie développée par NaviLens permet la lecture du code jusqu’à 3 mètres et sous un angle pouvant atteindre 80 degrés. "C’est donc très facile d’utilisation pour ces personnes qui ont des problèmes de vision. Nous avons fait des tests en Grande-Bretagne et l’évaluation du projet pilote par le Royal National Institute for the Blind (RNIB), une organisation caritative britannique, a révélé que 97 % des participants souhaiteraient voir davantage de cette technologie d’accessibilité sur les emballages alimentaires à l’avenir."

Kellog sera la première entreprise au monde à utiliser NaviLens, même si la technologie est déjà utilisée dans les transports en commun à Madrid ou Barcelone. "Mais si nous sommes fiers d’être des pionniers, nous ne voulons pas rester seuls. Nous allons donc chercher des partenaires dans le domaine food et no food pour rendre cette technologie accessible dans de nombreux domaines."

Du côté de la Ligue Braille, on se réjouit également de cette avancée. "On ne peut qu’encourager ce genre d’initiatives car l’inclusion va beaucoup plus loin que l’intégration. Pour les non-voyants, c’est une avancée, mais on sait aussi qu’à un certain âge de nombreuses personnes n’arrivent plus à déchiffrer les petits caractères sur les emballages. Cette technologie leur facilitera donc aussi la vie", conclut Noëlla Jardin, directrice de département à la Ligue Braille.