Consommation Le 10e Baromètre confirme aussi le succès des bières spéciales.

Le Baromètre de la Bière 2015, organisé en partenariat avec la DH et Het Laatste Nieuws, offre à nouveau quelques enseignements intéressants, même s’il n’ a, en soi, aucune valeur scientifique : la bière gagne du galon dans les restaurants et les cocktails alors que la pils continue à perdre du terrain.

Si une coupe de champagne séduit encore 38,4 % des répondants, ils sont désormais 36,7 % à déclarer plutôt consommer une bière (ils n’étaient que 22 % en 2005) lors d’un cocktail.

"Cette enquête à laquelle plus de 6.000 internautes ont participé, confirme les grandes tendances que l’on trouve dans les chiffres du secteur", commente Jean-Louis Van de Perre, président de la Fédération des brasseurs belges.

Le glissement du consommateur de la pils vers les bières spéciales met-il en péril la plus emblématique des breuvages ? "La Belgique reste le pays de la pils" , souligne Jean-Louis Van de Perre. Si la pils est passée de 85 % de parts de marché à 75 %, elle reste toutefois, et de loin, la bière la plus consommée.

C’est aussi, encore et toujours, la bière préférée des Belges : quelque 30,4 % des internautes placent, en effet, la pils sur la première marche du podium, contre 26,9 % l’an dernier mais plus de 50 % voilà dix ans.

Les bières régionales (14,4 %) comme la Ciney ou la Gauloise, les Trappistes (14,3 %), les bières d’Abbaye (14,2 %) et autres blondes fortes (14,1 %) se tiennent ensuite dans un mouchoir de poche.

Voilà 10 ans, les Chimay et autres Rochefort ne recueillaient que 5 % des suffrages dans ce même Baromètre. "L’intérêt pour les bières spéciales n’est pas spécifique à la Belgique", note encore le président de la Fédération des brasseurs belges.

Les Wallons sont plus nombreux à plébisciter les Trappistes que les Flamands. Ces derniers apprécient plus les Blondes fortes comme la Duvel que dans le Sud du pays.

Cet intérêt pour les bières spéciales est conforté par l’éclosion de nouvelles brasseries ou micro-brasseries. "Ces nouveaux brasseurs ne vont pas venir sur le marché avec une pils, un segment où la concurrence est rude, ou alors avec une pils forte."

L’intérêt pour la bière se traduit aussi par une hausse de vente des kits permettant à tout un chacun de s’improviser brasseur en herbe.

Quoi qu’il en soit, les Belges boivent essentiellement de la bière belge. Les ventes de Guinness, Carlsberg et autre Heineken représentent moins de 5 % de la consommation.

Le ciel n’est pas pour autant dégagé pour le secteur. La consommation des Belges s’effrite d’année en année (- 0,32 % en 2014). "Le Belge boit moins mais différemment" , explique encore Jean-Louis Van de Perre.

Les exportations, fort heureusement pour le secteur, prennent le relais (+ 0,33 % en 2014). "Le potentiel de l’exportation est très important. Mais pour être fort à l’exportation, il faut un marché local sain."

Les brasseurs s’inquiètent des velléités de renforcer les accises sur la bière, qui ont rapporté près de 200 millions d’euros aux finances publiques l’an dernier. "Les accises sont 50 % moins élevées en Allemagne qu’en Belgique. Nous plaidons pour que les Belges en général soient plus fiers de leur bière. Le monde politique doit également l’être."

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Le café, lieu privilégié de dégustation

La bière gagne aussi du terrain face au vin au restaurant.

Où les Belges préfèrent-ils prendre une bière ? Le café a les faveurs de deux Belges sur trois selon le 10e Baromètre organisé par le Beer&Society Information Center. C’est même le chiffre le plus élevé depuis 2009.

Pourquoi aller prendre un verre au café ? C’est tout d’abord un break dans le quotidien pour 63,4 % des internautes ayant spontanément répondu à l’enquête.

C’est ensuite, pour une personne sur deux, pour la convivialité des lieux et ensuite (46,7 %) pour l’offre importante proposée par l’établissement. Les terrasses sont un argument avancé par 41,8 % des personnes ayant répondu à l’enquête.

L’Horeca n’en est pas moins en perte de vitesse. Le secteur a représenté 42 % des ventes totales de bières en Belgique, contre 58 % dans la distribution. "C’est vrai que la consommation dans l’Horeca s’est stabilisée l’année dernière mais j’y vois surtout l’effet de la participation des Belges au Mondial et à un très bel été", remarque le président de la Fédération des brasseurs belges.

Au restaurant, cette fois, 53,9 % des consommateurs préfèrent encore et toujours du vin. La bière n’en gagne pas moins les faveurs de plus en plus de personnes.

Elles sont, désormais, 38 % à opter pour de la bière en accompagnement d’un repas. C’est deux fois plus que lors du premier baromètre, en 2005. Cette tendance est beaucoup plus marquée en Flandre (42 %) et auprès des hommes (41 %) que dans la partie francophone du pays (23 %) et auprès des femmes (21,6 %).

C’est notamment dû aux efforts de brasseurs de promouvoir le food-pairing où la bière ne se retrouve plus dans l’assiette mais à côté de l’assiette. "C’est un travail de longue haleine", reconnaît Jean-Louis Van de Perre. Mais qui commence à porter ses fruits.


Une petite bière, c’est bon pour la santé

Le nombre de calories dans un verre laisse indifférent près de 45 % des sondés

Le débat a ressurgi voilà quelques mois : faut-il indiquer le nombre de calories sur les bouteilles des boissons alcoolisées ?

Les brasseurs européens sont prêts à franchir le pas pour autant que les fabricants d’alcools fassent de même.

Ces derniers dénoncent une manœuvre des brasseurs : indiquer le nombre de calories par 100 ml jouerait en faveur de la bière.

Mais qu’en pense l’amateur de bière ? Si 44 % des répondants déclarent ne pas être intéressés par la question (45,3 % hommes et 39,2 % femmes), 25,6 % d’entre eux estiment, par contre, qu’il s’agit d’une bonne idée. Pour 26,1 % des internautes, c’est en tout cas une information en soi pertinente qui ne doit pas nécessairement figurer sur l’étiquette. Un site Internet reprenant ces informations ferait l’affaire.

Le secteur veut en tout cas casser l’image du gros ventre associé au buveur de bière. "C’est ce qui accompagne la consommation de bière, comme les chips, qui fait surtout grossir", assure Jean-Louis Van de Perre.

"Si un ou deux verres de vin rouge sont bons pour la santé, une ou deux bières le sont également", poursuit-il.

Ah bon ? "Des enquêtes ont montré qu’un verre ou deux est bon pour les maladies cardiovasculaires, par exemple." Des enquêtes que le président nuance tout aussitôt."Il faut rester prudent. Cela concerne les personnes adultes en bonne santé."

"La modération est importante", reprend-il, rappelant que les brasseurs sont partenaires de la campagne Bob depuis 20 ans. "On a trop tendance à associer le bringe drinking à la bière."

Le secteur dispense des programmes de prévention et de sensibilisation, notamment pour l’interdiction de vendre des boissons alcoolisées aux moins de 16 ans. Ce même secteur plaide en faveur de contrôles renforcés.

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