Consommation La loi Alimentation vise, entre autres, à améliorer la marge des producteurs : un pari loin d’être gagné.

Depuis le 1er février, les analyses de l’impact (manqué ?) de la loi Alimentation vont bon train. Les pro et les anti (Leclerc en tête) y vont chacun de leurs arguments, parfois de mauvaise foi.

L‘objectif annoncé de la mesure, associé à l’encadrement des promotions, est en effet de freiner les politiques de prix agressives et de redonner de la marge aux distributeurs sur les produits d’appel afin qu’ils rendent cette marge aux producteurs sur les produits agricoles.

Du côté de Leclerc, on parle même d’"enfumage", prétextant que cette loi ne vise qu’à s’attaquer aux distributeurs qui pratiquent les prix les plus bas et à alléger la pression sur ceux qui réalisent des marges plus importantes.

L'Association nationale des industries alimentaires (Ania) n’a pas manqué de répondre du tac au tac, renvoyant la politesse à Leclerc qu’elle accuse de vouloir augmenter toujours plus ses parts de marché, quitte à vendre des produits alimentaires à prix coûtant, ce qui peut mettre en péril les producteurs et les entreprises alimentaires.

Là où le bât blesse réellement, c’est que la loi, bien qu’imposant aux distributeurs une marge de 10 % minimum, ne les oblige pas à rétrocéder (une partie de) cette marge vers le monde agricole.

En clair, le distributeur fait comme bon lui semble. Mais imposer une telle marge vise à changer les mentalités. Là où le distributeur pouvait se contenter de vendre un produit de grande marque (de multinationale) à prix coûtant, il essayait toujours de raboter ses prix du côté des petits producteurs et du monde agricole.

L’effet escompté de la loi Alimentation est donc de permettre aux distributeurs de dégager de la marge sur les produits de grande marque afin d’acheter de plus grandes quantités auprès des petits producteurs et de les rémunérer au prix le plus juste. Et ainsi également de favoriser la production locale...