Consommation Une organisation non-gouvernementale française pointe du doigt la présence de cochenilles dans des glaces. Surprenant, mais pas illégal.


C'est un aliment pour le moins inattendu : des insectes dans des glaces. C'est l'organisation non gouvernementale française, spécialisée dans l'alimentation,  Foodwatch, qui est à l'origine de cette révélation. Sa responsable, Camille Dorioz, explique cette semaine au Parisien que certaines glaces industrielles sont fabriquées avec un colorant, le E120, qui est à base d'insectes. Sa principale caractéristique ? Il rend le produit plus coloré. On le retrouve par exemple dans des tubes glacés, Pirulo Happy, de la marque Nestlé.

D'autres produits sont pointés du doigts par l'ONG comme les cônes au café Extrême, toujours de la marque Nestlé, " Il y a la précision shellac qui n'est autre que la sécrétion de cochenilles asiatiques ! Elles donnent un aspect brillant aux glaces. Nestlé avait fait une campagne de pub sur le mode : Savourez l'inattendu. On peut dire qu'avec des sécrétions d'insectes, ils ont atteint un niveau très élévé d'inattendu" glisse Camille Dorioz. Parmi les autres glaces controversées, la glace "Vanilla Pecan Blondie" contenant des diphosphastes et des phosphates de calcium, nocifs pour la santé pour ses risques cardiovasculaires. 

Légal, mais pas légitime


Pourtant, la présence de ces ingrédients est loin d'être illégale. Camille Dorioz le reconnaît elle-même. Elle insiste en revanche sur le fait que cette pratique " n'est pas légitime". En Belgique, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) indique également que la pratique est légale. " De manière générale, c'est autorisé par la législation au niveau européen" explique Stéphanie Maquoi, porte-parole de l'AFSCA. " Des mesures peuvent éventuellement être prises, mais si cela rentre dans le cadre législatif, il n'y a pas grand chose à redire. Après, rien ne dit que la législation va peut-être changée suite à cette enquête". 

Les marques ne cachent pas la présence de ces colorants d'origine animale. Sur les étiquettes d'ingrédients, ils sont clairement indiqués. Mais pour Camille Dorioz, " les marques utilisent des techniques marketing pour détourner l'attention du client et l'induire en erreur sur ce qu'il va consommer".