En raison de mauvaises récoltes ces derniers mois, le prix de la pomme de terre est actuellement particulièrement élevé. Les conséquences sur le prix de la frite restent pourtant marginales, indique lundi l'Union nationale des frituristes (Unafri). Il est encore trop tôt pour évaluer la qualité de la récolte de l'automne prochain et l'effet que cela aura sur les frites, estime-t-on également. Chaque année, les pommes de terre sont récoltées à deux reprises: une première fois au début de l'été pour les pommes de terre dites "primeurs" et une seconde fois lors de l'automne suivant pour les pommes de terre "de conservation".

Le prix de vente de la pomme de terre primeur bat actuellement des records sur le marché, constate-t-on chez Belgapom, l'association professionnelle reconnue du négoce et de la transformation belges de pommes de terre. Le faible rendement de la dernière récolte s'explique par le temps froid et sec du printemps dernier. La plupart des agriculteurs optent cependant pour des contrats à long terme au lieu du marché libre, ce qui limite les effets sur le consommateur. Les importations jouent en outre un rôle modérateur sur les prix.

En ce qui concerne les pommes de terre de conservation, il est encore trop tôt pour se prononcer sur les récoltes de l'automne prochain. Il est toutefois déjà certain que les températures élevées actuelles ont un impact négatif sur la croissance de la pomme de terre. "Nous ne nous attendons pas à une récolte exceptionnelle, mais nous ne prévoyons pas non plus une année catastrophique", indique-t-on chez Belgapom, soulignant que la superficie sur laquelle les agriculteurs belges ont planté cette année est plus élevée, ce qui pourrait avoir un effet positif sur le rendement.

L'Unafri souligne, quant à elle, que l'effet du prix de la pomme de terre sur celui de la frite, qu'il soit en hausse ou en baisse, reste limité. "La patate compte seulement pour un tiers du prix d'un paquet de frites", détaille son président Bernard Lefevre, expliquant en outre que le frituriste n'achète pas ses frites sur le marché libre mais bien auprès d'usines de transformation et que d'autres coûts tels que ceux de l'énergie ou du papier jouent un rôle dans le prix final. "Même si le prix de la pomme de terre s'élevait brutalement, l'influence sur le prix du paquet de frites resterait marginale", conclut-il.