Faire ses courses en circuit court était l’une des hypes du confinement au point d’y voir un changement radical des habitudes alimentaires. La fin de ce dernier et les congés estivaux ont freiné cet effet de mode. Mais qu’en reste-t-il à quelques jours de la rentrée ?

Un vendredi midi comme les autres au Bees Coop. Seuls les membres de cette coopérative bruxelloise, alternative à la grande distribution créée en septembre 2017, ont le droit de rentrer faire leurs courses. Comme dans n’importe quelle coopérative, chaque consommateur souscrit à une part et devient propriétaire. "La seule contrainte est de s’engager à travailler 3 heures toutes les quatre semaines", détaille Alice, responsable caisse du supermarché. Le magasin n’est pas plein comme pendant le confinement. "Douze personnes maximum seulement pouvaient rentrer, il y avait une file d’attente jusque dans la rue", se souviennent des clients habitués.

"Les nouvelles têtes que nous avons vues pendant le confinement ont profité du mois de test, mais ne sont pour la plupart pas revenues ensuite, car le fait de devoir s’investir les a repoussées", explique Alice. Pourtant, ici, les produits de haute qualité, comme le prouvent des tomates et courgettes d’une rare générosité, sont à des prix attractifs. Bees Coop se veut à but non lucratif.

À quelques kilomètres de là, le constat est similaire pour Martine Coeckelberghs, responsable de l’un des magasins bruxellois du groupe la Ruche qui dit Oui, réseau de communautés d’achat direct aux producteurs locaux présent sur tout le territoire belge. "On a perdu une grosse partie de la nouvelle clientèle du confinement. Seulement 30 % de ces clients-là sont restés et sont plutôt des clients occasionnels désormais", soupire-t-elle. Point positif à retenir tout de même, la période mars-avril a offert de nouveaux adeptes urbains à cette méthode de consommation en circuit court, plus souvent propre aux provinciaux.

En province, justement, la tendance est presque similaire à ce qui se déroule en ville. Après le grand boom du confinement, le calme est revenu depuis. Mais les coopératives et producteurs locaux sont parvenues à fidéliser de nouveaux consommateurs. "60 % des clients opportunistes sont retournés à la grande distribution. Mais il reste tout de même plus de 40 % d’entre eux qui reviennent régulièrement désormais et qui préfèrent savoir d’où viennent leurs produits. Le confinement a remis les pendules à l’heure", se réjouit Xavier Anciaux, administrateur délégué du groupe Coof, communauté de mangeurs bio positifs situé à Fernelmont, tout proche de Namur.

Pour Benoît Dave, coordinateur de la coopérative Paysans-Artisans, c’est encore mieux. Si l’association a connu une baisse depuis le déconfinement, le bilan est tout de même plus que positif aujourd’hui. "En avril-mai, on a eu quatre fois plus de consommateurs qu’à l’habituel. Aujourd’hui, c’est deux fois plus. La part des nouveaux clients a été divisée par deux certes, mais c’est tout de même le double par rapport à la fréquentation de l’an passé", se félicite-t-il.