Des journées de plus de 12 heures, des clients agressifs verbalement, de gros risques de contagion,... : les agents de gardiennage sont à bout et ne sont pas assez reconnus dans leur travail au quotidien estime l'un des leurs. Témoignage.

Chargés d'assurer la sécurité et de faire appliquer les règles imposées par le gouvernement au niveau des grandes surfaces, les agents de gardiennage poussent un coup de gueule suite aux conditions dans lesquelles ils doivent travailler. Eric (prénom d'emprunt) nous explique son quotidien, parfois tendu, depuis la mise en place de diverses mesures en ce qui concerne les supermarchés.

"Notre rôle est simple, nous sommes là pour veiller à ce qu'il n'y ait pas de conflits dans les magasins. Que ce soit entre les clients ou entre le personnel du magasin et les clients, nous devons veiller à ce que tout se déroule bien", détaille Eric qui explique ensuite les consignes hygiéniques qu'il doit faire respecter aux consommateurs. "C'est une personne par caddie et il est interdit de pénétrer dans la surface avec son enfant. Ensuite on fait rentrer un certain nombre de personnes en fonction de la taille du supermarché que nous gérons."

Des consignes strictes qui sont toutefois très difficile à faire appliquer selon Eric. "Je pense qu'une grande partie de la population ne comprend toujours pas pourquoi ces règles sont de mise. Nous sommes agressés verbalement par des personnes alors que nous faisons juste notre boulot ! L'enseigne qui nous emploie nous donne les règles à faire respecter et nous devons les exécuter, nous n'avons pas le choix. C'est compliqué pour tout le monde mais les règles sont les règles et nous passons pour les cons de service chaque jour auprès des clients des magasins qui ne cherchent pas à comprendre les mesures" s'insurge l'agent de gardiennage qui ne veut toutefois pas mettre tout le monde dans le même paquet. "Certains comprennent, mais tant que d'autres n'appliqueront pas les mesures, la situation ne s'améliorera certainement pas."

Un travail compliqué, surtout pour l'instant, qui n'est aussi pas assez reconnu par la population selon Eric. "Tout le monde salue, à raison, le job magnifique du personnel soignant, des employés de supermarchés, etc. mais nous, agents de gardiennage, nous sommes vraiment oubliés par la population alors que nous sommes encore plus exposés à un risque de contagion lorsque nous devons gérer les files d'attente ou intervenir pour un vol à l'étalage. Selon les magasins nous recevons de quoi nous protéger un minimum mais ce n'est jamais assez, le risque est toujours présent et malgré cela, nous ne touchons pas la moindre prime."

Au niveau des horaires, là aussi, l'agent de gardiennage pousse un coup de gueule. "C'est bien simple, je bosse tous les jours ou presque de 8 à 20h. Nous devons nous arranger pour pouvoir prendre une petite pause afin de manger au plus vite et retourner travailler. Impossible pour nous de faire nos courses pour rentrer chez nous car nous devons être présents avant l'ouverture et après la fermeture du magasin. J'ai personnellement eu de la chance car j'ai pu un jour transmettre une petite liste de courses à un membre du personnel qui m'a rempli mon caddie pendant que je travaillais. Pour le reste, les magasins ont tellement besoin de nous en ce moment que nous n'avons pas une seconde de répit."

Heureusement, la police vient parfois soulager le travail de ces agents de gardiennage. "Quand ils viennent faire une ronde devant les supermarchés, nous sommes un peu soulagés car cela nous permet de reprendre notre souffle et la population a tendance à plus les respecter. Nous devons toutefois être sûrs que toutes les règles sont respectées quand elle passe car ils ont le droit de fermer le magasin si cela n'est pas le cas", assure Eric. 

S'il fait ce métier, c'est "par passion" comme le justifie souvent Eric. La seule chose qu'il souhaite, c'est une preuve de respect de la part des clients. "Nous ne demandons pas la lune. Nous souhaitons juste être compris par la population dans cette situation très difficile au quotidien. Si tout le monde respectait les règles à la lettre, la population s'en porterait bien mieux."