Consommation Le nombre de bénéficiaires explose tandis que les subventions sont rabotées.

Triste constat dressé par les banques alimentaires en cette fin de mois. Une fin de mois difficile, c’est le cas de l’écrire puisque les banques alimentaires font état d’une forte augmentation du nombre de bénéficiaires (+10 500 par rapport à fin 2018), alors que le remaniement du programme européen d’aide alimentaire menace gravement leur action.

Si le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) représente près de la moitié de l’approvisionnement des banques alimentaires, l’actuel système européen d’aide alimentaire va être réformé à partir de 2021. La Commission européenne a élaboré une proposition pour la période 2021-2027 qui intègre le FEAD au Fonds social européen (FSE +). La Commission européenne prévoit que les États membres attribuent un minimum légal de 2 % de ce fonds à l’aide alimentaire. Parallèlement, elle suggère aux États membres de relever ce taux à 4 % afin d’assurer la continuité des programmes nationaux actuels. Le Parlement européen doit se prononcer sur cette proposition cet automne.

"Cette réforme aurait de lourdes conséquences pour la Fédération belge des banques alimentaires si les autorités belges venaient à se contenter du minimum de 2 % imposé par l’Europe. Dans ce cas, les 88 millions d’euros d’aide alimentaire européenne actuels, sous la forme de produits de base, seraient réduits à 52 millions d’euros", explique Piet Vanthemsche, président de la Fédération belge des banques alimentaires. "La diversité et l’équilibre nutritionnel de notre offre de nourriture en pâtiraient également. Actuellement, l’assortiment du FEAD nous permet d’assurer l’équilibre nutritionnel des aliments proposés."

Une baisse drastique des revenus qui ne cadre pas du tout avec la hausse inattendue du nombre de demandeurs d’aide. "Une baisse nette de 35 millions d’euros de l’aide européenne représenterait une perte de volume effective de 20 % au niveau des aliments. Ceci est inacceptable, d’autant plus que les besoins augmentent constamment ! Les chiffres du semestre montrent une croissance forte et inattendue du nombre de bénéficiaires, de 159 081 à 169 642, soit une hausse de 6,6 % par rapport à fin 2018."