On pourrait penser à une prise de conscience, mais le numéro un mondial du tabac se repositionne avec les cigarettes électroniques.

L’annonce pourrait laisser penser à un poisson d’avril, mais elle est bien réelle. La semaine dernière, dans les colonnes du quotidien français Le Figaro, le PDG de Philipp Morris, André Calantzopoulos, a annoncé que d’ici dix à quinze ans, dans certains pays, il souhaiterait diminuer drastiquement la consommation de tabac et arrêter le marché de la cigarette.

Prise de conscience ou effet d’annonce marketing ? On pencherait plutôt pour la seconde si l’on tient compte de la suite de ses déclarations. "Pour atteindre notre ambition, il faut focaliser toute l’organisation sur ces nouveaux produits. Nous consacrons 70 % de nos ressources marketing et commerciales aux produits alternatifs aux cigarettes", indique-t-il. En clair, on parle surtout des cigarettes électroniques qui représentent déjà 19 % du chiffre d’affaires de Philipp Morris au niveau mondial. Le groupe réclame d’ailleurs à plusieurs gouvernements, dont la Belgique, de pouvoir communiquer au niveau publicitaire par rapport à ces produits.

De quoi relancer le débat sur cette fameuse cigarette électronique. En novembre dernier, plusieurs accidents ont eu lieu en Amérique du Nord, mais aussi en Belgique. Certains produits dérivés présents dans les cigarettes électroniques semblaient poser problème, comme la vitamine E ou encore des dérivés de cannabis. Pour rappel, plusieurs décès sont à déplorer, faisant suite à des infections respiratoires, dont celle de Raphael Pauwaert, un Bruxellois de 18 ans.

L’agence américaine de santé publique, la CDC, avait dans la foulée publié un communiqué recommandant la plus grande prudence face à toutes les cigarettes électroniques. Ce mardi, on apprenait que l’agence faisait machine arrière en annonçant que les produits officiels et vendus légalement ne posaient pas de problème. Dans les cas tragiques analysés, la CDC a observé que les produits provenaient du marché noir.

Il n’en reste pas moins que la cigarette électronique n’est pas fondamentalement bonne pour la santé, comme l’ont déjà rappelé plusieurs médecins ainsi que la Fondation contre le cancer. La cigarette électronique est certainement moins nocive, mais non sans risque.

Le discours d’André Calantzopoulos est donc à mesurer, d’autant plus qu’on sait que le marché du tabac recule de 2,5 % chaque année dans le monde. En Belgique, les mesures sont de plus en plus nombreuses, comme les accises qui font monter le prix du paquet d’année en année, mais aussi l’apparition du paquet neutre, le premier janvier dernier.

Les tarifs restent cependant plus bas chez nous que chez certains de nos voisins. Si le paquet classique de Marlboro est vendu en moyenne à 6,6 euros en Belgique, le prix monte à 9,3 euros en France ou encore 11,58 euros au Royaume-Uni et 7 euros aux Pays-Bas. Par contre, l’Allemagne affiche un prix moyen de 6,4 euros, l’Italie 5,4 euros tandis que la Bulgarie est le pays le moins cher de l’Union avec une moyenne de 2,81 euros !