Consommation Au Kouyzina Authentica, une véritable cuisine grecque gastronomique.

Dans le bas de l’avenue Brugmann, à Uccle, tout près du parvis Saint-Pierre, un bel hôtel de maître, typique des années trente… Un décor à la fois intime et lumineux qui tire joliment parti des très beaux volumes et moulures du bâtiment d’origine. Un seul indice peut nous indiquer la nationalité du restaurant à qui nous rendons visite : la double horloge qui donne à la fois l’heure de Bruxelles… et celle d’Athènes !

C’est que, contrairement à tant de gargotes grecques approximatives, le Koyzina Authentica dont je vous parle ce dimanche ne joue en rien la carte folklorique du décor de mauvais péplum. Des colonnes, certes, il y en a deux, ioniennes mêmes, mais elles font partie du décor d’origine de la maison redécouvert après des travaux.

C’est que dès le lancement de son projet voici déjà quatre ans, Sofia Dimitriadou, l’élégante maîtresse de maison, voulait faire de son restaurant un lieu d’accueil qui s’assimilerait nettement plus à une maison particulière qu’à une quelconque taverne.

Arrivée en Belgique avec son mari qui était officier à l’Otan, cette charmante mathématicienne de formation avait décidé de lancer un établissement. La même où elle pourrait mettre en pratique ce vieux précepte grec qui veut que "recevoir des invités, c’est s’occuper de leur bonheur depuis leur arrivée jusqu’à leur départ…" Et pour cause, on se sent véritablement bien, dans ce lieu de vie qui fait effectivement penser que l’on est plutôt reçu dans une famille qu’attablé dans un bistro.

Cela jusqu’à l’incroyable collection de livres dans toutes les langues, disposés un peu dans toutes les pièces et que l’on a tout loisir d’emprunter, pourvu qu’on s’engage à les ramener lors d’une prochaine visite…

Mais, vous vous en douterez, au-delà de cadre et de cet accueil exemplaire, le premier atout du Koyzina Authentica, c’est bien évidemment sa cuisine. En effet, depuis le départ, Sofia a pris le parti de ne confier ses fourneaux qu’à de véritables spécialistes de la gastronomie hellène, formés dans les meilleures écoles hôtelières de Grèce et passés par les meilleures maisons.

Ainsi, le jeune et talentueux Thanos Gotas-Koutras, qui n’a pas son pareil pour exécuter une cuisine de tradition habilement modernisée… Mais toujours sur base de recettes ancestrales et à partir de denrées authentiques importées pour la plupart directement depuis la Grèce. En ce compris certains produits de la mer, livrés quotidiennement ! Bon, que les choses soient claires : pas question ici de demander un mezzé ! Cette assiette fourre-tout qu’affectionnent les touristes en mal d’exotisme n’existe en fait même pas en Grèce.

Par contre, on peut parfaitement commander, à la portion, des éléments de ce même mezzé, que l’on est encouragé à disposer au milieu de la table et à partager. Ainsi, dans le registre connu, un délicieux tzatzíki, parfaitement équilibré, ou encore un magnifique tarama, bien entendu blanc car exempt du surréaliste colorant rose fluo trop souvent mis en œuvre. Mais aussi, en sortant des sentiers battus, parmi bien d’autres petites merveilles, une délicieuse féta frite en croûte de sésames blancs et noirs, roquette et sirop de confiture. Ou encore le très goûteux spentzofa, en fait une saucisse de campagne à la sauce tomate légèrement piquante, poivron et fromage galotyri artisanal.

Pour poursuivre le repas, on n’a que l’embarras du choix également, avec aussi bien un savoureux filet de cabillaud frais frit accompagné de blé aux épinards mais aussi, un étonnant poulet farci de féta et poivrons rouges de Florina accompagné de trahana - de succulentes pâtes au lait battu - aux tomates séchées. Ceci, bien entendu sans oublier une moussaka génialement agrémentée de coulis de poivron, ou encore un lapin stifado d’anthologie, sous forme de sa cuisse mijotée au vin rouge et au vinaigre avec des échalotes et de la tomate.

Et, bien entendu , également au rendez-vous, un agneau aussi traditionnel que fondant, rôti à basse température avec une sauce au vin rouge, des pommes de terre au romarin et une magnifique purée d’oignon.

Notons que même les végétariens trouvent ici leur compte avec, par exemple, un plat comme le soufhita crétois : des pâtes avec épinards et tomates cerises, préparées avec du fromage et du beurre… de chèvre !

Précisons que Sofia Dimitriadou, ouverte à toutes les tendances, propose même à ses hôtes sensibles une carte spéciale de mets sans gluten !

Dans les verres, que du bonheur également, avec les jolis vins sélectionnés par le mari de Sofia, Charis Dimitrakopoulos. Celui-ci, revenu à la vie civile est désormais très actif pur dégoter, par exemple, un véritable nectar comme Les larmes du pin, un retsina de compétition, sur base du cépage assyrtiko et qui relègue ses congénères au rang de simple essence de térébenthine !

C’est que la boisson a ici toute son importance, depuis l’apéritif avec, entre autres, un joli cocktail à base de liqueur de mastiha, jusqu’à la clôture du repas sur une note à la fois fraîche, acide et non alcoolisée, avec une géniale limonade maison à la lavande. Ceci sans oublier une très belle collection de bières artisanales du nord de la Grèce.

Alors, avec tous les midis en semaine un généreux lunch à 15 €, le vendredi et le samedi des suggestions spéciales de plats traditionnels et certains dimanches, des brunchs de premier ordre, voici bien une adresse que tous les amateurs de cuisines méditerranéenne et convivial auront grand plaisir à redécouvrir. Ceci sur place ou à la maison car la plupart des préparations peuvent être emportée, ainsi qu’une belle sélection de produits allant de l’huile aux olives en passant même par le rarissime café du Mont Athos !

Koyzina Authentica, 519 avenue Brugmann à 1180 Uccle. Tél. 0472/124.904. Web : www.greek-restaurant-koyzina-brussels.be Fermé le dimanche et le lundi