Si le verre à vin apparaît en Égypte vers l’an 1500 avant J-C, c’est à l’époque romaine qu’il connaît un réel développement dans une société où la boisson de Bacchus (le dieu du vin dans la mythologie romaine) était pour le moins appréciée.

Le vin était alors bu dans des gobelets en terre cuite ou en métal. Les plus riches utilisaient le verre. Les Romains améliorèrent rapidement la technique du verre soufflé qui connut nettement plus tard une renommée internationale grâce aux artisans qui s’installèrent dès 1201 sur de l’île de Murano au nord de Venise.

À l’époque, le verre à pied avait fait une timide apparition mais c’est au 17e siècle que Louis XIV lança la mode en l’imposant à sa cour.

Le roi avait été traumatisé par une série d’empoisonnements constatés dans l’aristocratie française entre 1679 et 1682, la fameuse “Affaire des poisons”. Un énorme complot contre la couronne avait été imaginé. Il impliquait 400 personnes dont des membres de sa cour et fut déjoué in-extremis.

Estimant que les domestiques, qui servaient le vin, ne devaient plus s’approcher du bord du verre, Louis XIV décréta que seuls les verres à pied, que les serveurs devaient impérativement remplir en tenant la tige, seraient dès lors admis à la cour.

Il alla même jusqu’à débaucher plusieurs verriers de Murano spécialisés dans la fabrication des verres à pied. Ce qui provoqua une vive réaction de la République de Venise qui menaça de mort les “déserteurs” qui refusaient de revenir à Murano.

Et c’est ainsi que le verre à pied s’imposa dans nos régions.

Mais bien avant Louis XIV, au Moyen Âge, faire disparaître ses ennemis avec du vin empoisonné était une pratique courante. Pour être certain que son verre n’était pas empoisonné, la technique consistait à le cogner sèchement contre celui des autres convives pour que quelques gouttes de vin se mélangent à leurs verres. Si le convive refusait de boire, il devenait suspect. Mais s’il mettait le verre à ses lèvres, tout allait bien et on se souhaitait une bonne santé en lançant, comme nous le faisons encore de nos jours, “santé !”