Qui dit soldes dit normalement une période importante pour les commerçants. Mais ce mois de janvier 2021 ne devrait être conforme à la règle. "Les commerces dits non essentiels ont pu rouvrir depuis près de 4 semaines mais les commerçants continuent à faire grise mine, indique le Syndicat neutre pour Indépendants (SNI). En effet, selon notre enquête menée auprès de 820 détaillants, quelque deux tiers d’entre eux (65 %) constatent une fréquentation en baisse par rapport à la même période de l’année dernière. En moyenne, la baisse s’élève à 30 % Pour 30 % d’entre eux, elle est même toujours supérieure à 40 %."

Le mois de décembre ne rassure donc pas du tout, à l’approche des soldes. "Les commerçants ne sont pas optimistes du tout. En effet, 68 % d’entre eux s’attendent à des ventes en recul par rapport à janvier 2020. Et pourtant, ils ont toujours désespérément besoin de liquidités. Les problèmes de trésorerie restent en effet l’un des points centraux auxquels doivent faire face les commerçants", constate l’enquête .

D’autant plus que les stocks restent importants. Selon l’enquête, 7 détaillants sur 10 ont encore au moins la moitié de leur stock. "Or, les stocks constituent un capital immobilisé dont ils ont absolument besoin. En ce qui concerne les remises, les trois quarts estiment démarrer avec des réductions de minimum 30 %. 15 % des détaillants pensent même débuter à 50 %. Le signe à la fois de l’importance des stocks et de la nécessité d’avoir rapidement des liquidités."

Une autre crainte vient de la situation sanitaire du pays. "Plusieurs pays voisins (Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg) ont refermé leurs commerces jusqu’à la mi-janvier. Le SNI a donc sondé ses membres sur cette éventualité en Belgique et trois quarts des commerçants craignent que les magasins ne soient obligés de fermer pendant les soldes. Si tel est le cas, beaucoup de commerçants perdront leur dernière lueur d’espoir. Nous espérons que le gouvernement ne décidera pas d’un troisième lockdown sans chiffres objectifs. Les commerçants ont fait de leur mieux pour que tout soit sûr et cela doit être pris en compte. Sinon, sur le plan financier et psychologique, ce sera la goutte d’eau qui fait déborder le vase", prévient le SNI.

Du côté de l’UCM, on tire aussi la sonnette d’alarme. "Depuis la réouverture de décembre, un commerçant sur deux considère que la fréquentation des commerces est en chute libre, tandis que 17 % des commerces sont toujours fermés, indique-t-on. La situation reste donc compliquée et seuls 24 % n’ont pas besoin de trésorerie. 69 % craignent pour la survie de leur commerce et il semble d’ores et déjà acquis que les soldes d’hiver ne seront certainement pas suffisants pour redresser la barre."

Il est donc temps d’aider ces petits (ou plus grands) commerçants qui souffrent, tout en respectant les mesures sanitaires, évidemment.