C’est en Asie qu’est né le jeu d’échecs, il y a plus de 1500 ans. En Inde, en Chine ou en Asie centrale, le lieu n’est pas très précis. On sait par contre qu’il débarqua ensuite en Perse au 6e siècle et qu’il se développa rapidement dans le monde musulman avant d’entrer en Europe via l’Afrique du Nord et l’Espagne.

Animé à l’origine par une symbolique guerrière, le jeu d’échecs va connaître, dès la fin du 11e siècle, une évolution inattendue. Dans la littérature médiévale, il représente le raffinement moral et intellectuel. Il s’installe dans la poésie, il est le terrain de jeu de la séduction opposant les amants.

Au Moyen Âge, le jeu d’échecs divertit de très nombreux rois et empereurs : Philippe II d’Espagne et le roi de France Charles V notamment. On constate à l’époque que le jeu d’échecs apporte le développement d’une certaine maîtrise de soi et permet à la raison de s’affirmer, ce qui ne peut être que bénéfique à la prise de bonnes décisions en matière de justice. Le roi, qui joue bien aux échecs, est estimé, on considère qu’il est capable de gouverner son royaume en paix avec sagesse.

Une légende du 14e siècle signale la présence à Babylone d’un tyran appelé Evil- Merodach particulièrement arbitraire et violent. Il était le fils de Nabuchodonosor II et terrorisait ses sujets. Jusqu’à ce qu’un philosophe du nom de Xerxès lui apprenne à jouer aux échecs. Le monarque se transforma devenant plus raisonnable. Le philosophe affirma que le jeu d’échecs lui avait apporté la logique et la raison.

Au 20e siècle, l’URSS met en évidence le jeu d’échecs le considérant comme un important outil de développement intellectuel. Pendant la guerre froide, les Russes utilisent les échecs comme une arme – heureusement pacifique – pour défier les Américains. Les vedettes à l’époque sont les Russes Anatoli Karpov et Garry Kasparov, l’Américain Bobby Fisher ainsi que le dissident soviétique Viktor Kortchnoi. De nos jours, le jeu d’échecs est présent aux quatre coins du monde où des championnats nationaux et internationaux sont organisés un peu partout.

Signalons que le champion de Belgique 2019, Daniel Dardha, sacré lors de l’Open International de Charleroi à Roux, est le plus jeune champion de Belgique de tous les temps puisqu’il avait 13 ans à l’époque ! Aux échecs, la valeur n’attend pas le nombre des années…