Le biberon – le mot vient du latin biber (boisson) complété par ron (rostrum) qui signifie notamment bec – existe depuis toujours ou presque. Au Néolithique, 6 000 ans avant JC, il se présentait sous la forme d’un petit vase en terre cuite contenant du lait d’animal (vache, chèvre, ânesse). À l’époque, on pensait que le lait maternel était impur, principalement après la naissance. On a ainsi retrouvé un papyrus égyptien du 15e siècle avant JC qui précise que le bébé doit être nourri d’une préparation faite de lait de vache avec des grains de blé bouillis. Le premier bébé homo sapiens était ainsi alimenté pendant au moins 6 à 7 mois.

Plus tard, au Moyen-Âge, le vase en terre cuite est remplacé par une corne d’animal, le plus souvent provenant d’une vache ou d’une chèvre. Le biberon-bouteille apparaît au 16e siècle. Il possède déjà un embout à faible débit pour permettre au bébé de boire correctement. Mais ce biberon n’est pas en verre, il est en bois, en étain ou en faïence.

Ce n’est qu’au cours du 18e siècle que le verre est majoritairement utilisé et l’embout, par lequel l’enfant aspire le lait, imite le mamelon de la mère.

Un siècle plus tard, un certain Edouard Robert, un industriel français, produit à la fin des années 1860 un biberon à soupape, inventé quelques années plus tôt par son père. Ce biberon était équipé d’un long tuyau en caoutchouc qui permettait au bébé de s’alimenter seul. En France, ce biberon fait fureur pendant un demi-siècle avant que plusieurs pédiatres constatent que le tuyau représentait un abominable nid de bactéries fatales à de nombreux enfants. Ils l’appellent le “biberon-tueur” et en 1910, il est retiré du marché. À la même époque, le pharmacien suisse d’origine allemande, Henri Nestlé, invente le premier lait en poudre.

Quelques années auparavant, grâce aux découvertes de Louis Pasteur, l’Allemand Franz von Soxhlet trouve la formule pour stériliser le lait et les biberons stérilisables (en pyrex donc résistants à la chaleur) suivirent immédiatement. En 1950, la tétine vissable voit le jour, une autre invention importante.

Dans la deuxième partie du 19e siècle, le biberon est très en vogue particulièrement dans les familles bourgeoises. En effet, c’est surtout la nourrice qui s’occupe de l’enfant et lui donne le biberon pendant que la mère vaque à ses occupations. Progressivement, la nourrice disparaît au 20e siècle et la mère se réapproprie son enfant ce qui rend plus fort le lien qu’elle entretient avec lui.

De nos jours, dans de nombreux couples, lorsque la mère ne donne pas le sein, le biberonnage est partagé entre la mère et le père.

Des collectionneurs de biberon sont, aujourd’hui, à la recherche des plus belles pièces anciennes. Leur but est souvent de présenter l’histoire de l’alimentation de l’enfant de l’Antiquité à nos jours. Une des plus belles collections appartenait au professeur suisse Ettore Rossi, directeur de la Clinique Universitaire bernoise pour enfants, de 1957 à 1985. Il a exercé une influence déterminante sur la pédiatrie en Suisse.