Pour le commun des mortels, la canne est un accessoire en forme de bâton destiné à faciliter la marche chez les personnes âgées ou handicapées. Exact, mais la canne, c’est aussi plus que ça…

La canne apparaît dans l’Antiquité grecque ainsi que dans la Bible (le grand bâton de Moïse qui lui permit notamment d’ouvrir les flots et qu’il transforma en serpent). Dans les années 400 à Rome, tous les nobles possèdent une canne ainsi que les légionnaires (la canne centurion). C’est un signe distinctif hiérarchique ou nobiliaire.

Un étonnant destin

Au XIIe siècle se développe la canne promenade qui, après être tombée en désuétude, est récemment revenue en force dans nos pays sous la forme des bâtons de marche nordiques.

Au XIVe siècle, en France la période Renaissance remet la canne traditionnelle au goût du jour chez les monarques et les nobles. Mais elle se démocratise et redevient populaire sous la Révolution avec notamment la fameuse canne gourdin des Jacobins.

L’âge d’or de la canne se situe à la Belle Époque (fin du XIX jusqu’à la Première Guerre mondiale). Elle fait intégralement partie de la mode masculine chez les bourgeois, plus uniquement chez les nobles. Après une nouvelle chute de popularité, la canne redresse la tête en plein Art Déco (1920-1939) avant de retomber en désuétude ne reflétant plus que l’image des personnes âgées.

Et puis, le docteur House est arrivé ! Diffusée aux États-Unis dès 2004 et ensuite dans nos pays, la célèbre série américaine, dans laquelle le héros, le docteur Gregory House, se déplace à l’aide d’une jolie canne design suite à un accident, a permis à la canne de redevenir dans certains milieux un objet d’élégance pour se singulariser.

Une fois tout en haut de la mode, une fois tout en bas, c’est l’étonnant destin de la canne…