Pour beaucoup d’entre nous, glisser ses pieds dans une paire de pantoufles indique que l’heure de la détente est arrivée. Mais d’où vient donc cette pantoufle tant appréciée ?

Sans grande surprise, on peut affirmer qu’elle est issue du monde oriental. Elle est en quelque sorte la sœur de la babouche bien connue notamment dans les pays du Maghreb. Le mot pantoufle provient, lui, du vieux français “pan” (bout de tissus) et “ouffle” (un objet gonflé).

Et cette babouche quelque peu transformée débarque dans nos pays à la fin du Moyen Âge. Notamment dans les fermes où les paysans, qui ne portaient à l’époque que des sabots pour se déplacer à l’extérieur de chez eux, enfilent de gros chaussons en feutre bien chauds dès qu’ils rentrent à la maison.

Au XVe siècle, ce sont les hommes de la haute société qui mettent la pantoufle à la mode. Mais pas n’importe laquelle. Elle est faite de soie ou de cuir précieux et elle repose sur une semelle de bois ou de liège.

Curieusement, au XVIe siècle, la pantoufle est cette fois exclusivement féminine surtout dans la bourgeoisie. Elle prend alors essentiellement la forme d’une mule (pantoufle sans talon).

Un siècle plus tard, sous Louis XIV (1638-1715) dit “le Grand” ou “le Roi Soleil”, apparaît la” charentaise” (pantoufle de feutre originaire de la région française de la Charente) principalement dans les classes sociales privilégiées. Ceux qui les portent ne sont pas les maîtres des lieux mais leurs valets obligés de mettre des charentaises pour ne pas faire de bruit en marchant. Raison pour laquelle ces pantoufles étaient également appelées “les silencieuses”… Vraiment très futés, les châtelains et autres grands bourgeois de l’époque demandaient à leurs valets de porter ces charentaises en permanence pour briquer avec leurs semelles en feutre les superbes parquets massifs de leurs belles demeures, qui restaient ainsi brillants et bien entretenus.

À la fin du XVIIIe siècle, ce sont les femmes qui font réellement de la pantoufle la chaussure d’intérieur comme nous la connaissons aujourd’hui. Par la suite, les plus élégantes assortiront leurs pantoufles à leurs déshabillés ou leurs robes de chambre. Comme plus tard, les dandys (hommes d’une grande élégance du XIXe siècle).

Signalons que le mot pantouflard visait à l’époque une certaine bourgeoisie casanière qui aimait rester chez elle dans ses pantoufles. De nos jours, il ne faut pas être bourgeois pour être qualifié de pantouflard…

Un pantouflard est aussi une personnalité politique, qui, après avoir essuyé un échec électoral, se retrouve recasée dans le monde des affaires en attendant un éventuel retour en politique.