Les magasins qui ont un site incluant la vente sont débordés.

Vous avez dû faire la constatation vous-même. Pendant le confinement, le vélo a la cote ! Même si le jogging a souvent été évoqué à l’issue des réunions du Conseil de Sécurité, l’avantage des balades à vélo est qu’elles constituent une activité que l’on peut pratiquer en famille… lesquelles en profitent à volonté !

En tendant l’oreille ci et là, on entend que certains vélocistes, même lorsque la boutique est fermée, ont une activité intense derrière les volets baissés. Des caisses qu’on achemine à l’atelier le matin dans une remorque chargée à bloc et, l’après-midi, la même remorque part en tournée, cette fois de livraison aux clients, avec des bécanes fraîchement montées.

Difficiles toutefois de récolter des témoignages. “Désolé, pas le temps,” nous dit-on. Pas envie de trop en dire surtout. Un peu comme si c’était le monde de la débrouille… puisque, de toute façon, la communication des autorités, notamment au sujet des réparations urgentes, n’est pas toujours claire.

Une chose est sûre, ceux qui, avant même le confinement, avaient un site bien fait, prêt à la vente, cartonnent depuis le 16 mars.

Chez Cowboy, une marque de vélos électriques haut de gamme (1 990 € la bécane), on confie que les affaires sont plutôt bonnes en ce moment. “Nous avons eu un énorme pic de commande ces dernières semaines et nos partenaires de livraisons ont du mal à suivre,explique Claire. On fait le maximum pour raccourcir les délais. “

Concernant le montage, elle précise encore : “Le vélo est monté à 90 %, il suffit de tourner le guidon, fixer les pédales et les freins ; ça prend 5-10 minutes. Le manuel est très bien fait.” Un détail qui a son importance en cas d’achat par le Net, tout le monde n’est pas un pro du vélo.

C’est une notion sur laquelle insiste Guy Bras, responsable vélo de la fédération Traxio. “Il faut notamment faire attention à deux choses en achetant sur la Toile : que le vélo soit effectivement monté et qu’on ne se laisse pas avoir par des promos trop alléchantes. Les réductions, c’est bien, mais ça dépend de quel prix de base on part,” dit-il un sourire en coin.

Chez Décathlon, Thomas Lejeune, en charge du marketing, est le premier interlocuteur à nous parler sans contrainte de l’explosion des ventes de bicyclettes via le Web. “C’est une vraie surprise pour nous et les vélos sont sans conteste les champions de notre site. Au point que, par exemple, pour la semaine du 19 au 25 avril, nous avons, via le Net, réalisé les mêmes chiffres de vente que si nos magasins étaient ouverts ! On parle ici essentiellement de vélos de ville et de vélo enfants. Avant, ces ventes via le site, étaient marginales. Ceci dit, on tâche malgré tout d’être aussi près que possible des exigences des clients. Les vélos sont non seulement montés mais aussi vérifiés au niveau sécuritaire. L’acheteur n’a que le réglage de selle à faire lui-même. Ensuite, ils sont livrés. Comme les transporteurs sont parfois submergés par la demande, chaque magasin développe, en plus, des solutions qui lui sont propres.” Bref, le vélo a plus que jamais le vent en poupe et beaucoup nous disent que le déconfinement ne changera plus grand-chose à ces nouvelles habitudes de déplacement en deux-roues…