Moins d'une bibliothèque sur cinq a organisé un service de location de livres sans retours immédiats, soit "take away", comme demandé par le fédéral et souvent jugé même comme "incohérent", ressort-il d'un rapport réalisé par le service de la lecture publique, et cité dans Le Soir jeudi. Pour rappel, le Conseil national de sécurité a prié les bibliothèques d'organiser un service de location de livres sans retours immédiats.

Le service de la lecture publique a enquêté auprès des 198 responsables de bibliothèques reconnues et produit un rapport détaillé à ce sujet. En clair, seules 18,24 % des bibliothèques se sont exécutées. Les disparités par province sont étonnantes: Namur fait figure d'exception avec un "take away" dans plus d'une bibliothèque sur trois (35 %) alors qu'ils ne sont que 25 % à Liège, 17 % en Hainaut, 13 % en Luxembourg, 8 % en Brabant wallon et 6 % à Bruxelles.

Comme le constate le directeur général adjoint de l'Action territoriale Jean-François Füeg, "les bourgmestres et les pouvoirs organisateurs de droit privé ont donc privilégié l'application de mesures de précaution plus strictes que celles préconisées par le Conseil national de sécurité".

Mais alors que font les quelque 1.100 employés du secteur ? Sous-financées, dotées de trop peu de personnel, les bibliothèques "ont essayé d'occuper cette période d'inaction forcée en travaillant sur les collections et les catalogues et en visant à proposer une offre à distance de qualité", note Jean-François Fuëg.

Les bibliothèques s'affairent à gérer les collections (42 %), ce qui signifie encoder, catalographier, réorganiser les médias, élaguer les volumes désuets et planifier de nouvelles acquisitions. Elles font de la gestion administrative (27 %) et mettent sur pied leurs futurs programmes d'animations (16 %).