Cinq cents ans avant J-C (l’âge du bronze), les peuples germaniques, qui vivaient dans le nord de l’Europe, utilisaient déjà des boutons primaires pour attacher leurs vêtements en peaux. Ils se présentaient sous la forme de deux plaques unies par une barrette rigide en os (une espèce de brandebourg), ce qui permettait à l’habit de ne pas s’ouvrir. Ce bouton archaïque s’appelait botan. C’est ainsi que débute l’histoire du bouton qui ne prendra la forme circulaire que nous lui connaissons aujourd’hui et ne viendra chez nous que bien plus tard, au Moyen Âge.

À cette époque, lors des croisades (expéditions militaires menées pour permettre aux pèlerins chrétiens de se rendre en Terre sainte), les chevaliers chrétiens se heurtent aux Turcs qui portent des casaques boutonnées jusqu’aux pieds. Les croisés rentrent chez eux impressionnés par les boutons turcs qu’ils diffusent un peu partout autour d’eux. C’est ainsi que le bouton apparaît dans nos régions, notamment sur le territoire de l’actuelle Belgique. Parmi les croisés figuraient des “Belges” notamment le comte de Flandre, Thierry d’Alsace, qui ramena à Bruges la relique du Saint-Sang lors de la deuxième croisade. La première mention littéraire du bouton apparaît, dans “La Chanson de Roland” (poème épique qui soutenait les croisades) où il est considéré comme une petite chose sans valeur. Mais le bouton gagne la guerre face aux réticences de certains et, au 13e siècle, des corporations de “boutonniers” se constituent, en France notamment.

La fabrication des boutons resta longtemps artisanale. Certains artisans sont de véritables artistes. Ils créent des boutons en or, en argent ou avec des perles rares. Ces pièces sont considérées comme de vrais bijoux. La mode s’affole à telle enseigne que, au 17e siècle, pour éviter le gaspillage de certaines matières premières, dans plusieurs régions (dont Venise), on impose des vêtements comportant un minimum de boutons. Certaines fabrications demandaient un travail énorme. Les boutons en nacre par exemple exigeaient 17 étapes de travail…

Mais, dans la deuxième partie du 19e siècle, la mode masculine se limite à utiliser des boutons en bois ou en carton recouverts de tissus noir. L’époque du bouton-bijou est définitivement révolue. Et c’est à la fin du 19e siècle que le bouton envahit la mode féminine, sur les vêtements, les gants, les bottes, de toutes les couleurs. Le bouton triomphe chez les dames ! L’arrivée des matières plastiques marquera la fin de l’utilisation de tous les matériaux précieux devenus trop chers. À la même époque (1885), le Danois Bertel Sanders invente le bouton-pression.