Pays autant si pas plus arrosé que nous par le ciel, l’Angleterre ne peut vivre sans le parapluie. Que ce soit au bras de Mary Poppins, ou de John Steed dans la célèbre série “Chapeau melon et bottes de cuir”, le parapluie y est un objet à la fois utile tout en étant l’accessoire indispensable du vrai gentleman avec le chapeau melon. Même si, de nos jours, le gentleman anglais a évolué.

Un Anglais a cependant toujours détesté le parapluie: Arthur Wellesley, le célèbre duc de Wellington, vainqueur de Napoléon à la Bataille de Waterloo (18 juin 1815) et qui fut commandant en chef de l’armée de terre britannique. Il interdisait carrément à ses officiers de porter un parapluie estimant que l’objet était ridicule et parfaitement contraire à l’esprit militaire…

A l’origine, le parapluie nous vient de Mésopotamie. Il y a 4 000 ans, il y était essentiellement utilisé en qualité de parasol dans une région où le soleil frappait plus fort que la pluie. Il s’agissait plutôt d’une ombrelle constituée de feuilles de palmier, de papyrus et de plumes de paons, essentiellement réservée à la classe dominante. Cette ombrelle reposait sur un montage fabriqué d’un cadre en bambou porté par des domestiques.

Dans nos pays, le parapluie, destiné à se protéger de la pluie, apparaît dès le 16e siècle. La toile cirée, nettement plus efficace contre la pluie remplace la soie des ombrelles. C’est à cette époque que le parapluie et l’ombrelle prennent des chemins distincts. Ce n’est que plus tard (1718) que le mot parapluie entrera dans le dictionnaire de l’Académie française (para, issu de l’italien parare, signifie protéger). Curieusement, la langue anglaise conservera le mot ombrelle (umbrella) pour désigner le parapluie moderne.

Au début, le parapluie est exclusivement utilisé par les femmes. Mais, dès le 18e siècle, les gentlemen anglais se mettent à copier un certain Jonas Hanway, un célèbre commerçant et écrivain qui se balade un peu partout avec son parapluie. La mode est lancée chez les hommes. C’est à cette époque (1705) que le Français Jean Marius imagine le premier parapluie pliable qui en “se brisant” se range dans un étui.

Au fil des siècles, le parapluie évolue lentement, l’os de baleine est remplacé par le bois, puis l’acier, l‘aluminium et aujourd’hui la fibre de verre. Le nylon remplace la toile cirée. Le parapluie télescopique apparaît en 1928 grâce à l’Allemand Hans Haupt qui créa plus tard la célèbre marque Knirps.

Le parapluie est aussi appelé “pépin” du nom d’un personnage (Monsieur Pépin) d’une comédie de 1807 dans laquelle il était affublé d’un énorme parapluie.