L'European Environmental Bureau (EEB) est un réseau d'organisations qui se donne pour mission de défendre la justice environnementale, le développement durable et la démocratie participative. Ce jeudi 9 juillet, elle mène la charge contre Signify, ses "lampes toxiques" et son " greenwashing" .

Selon l'EEB, "des millions de foyers et d'entreprises paient des factures d'énergie plus élevées qu'ils ne le devraient parce que les fonctionnaires de l'UE ont permis au plus grand fabricant d'ampoules électriques du monde de faire de l'argent avec de vieilles technologies inutiles". Des technologies qui, selon le bureau, devraient avoir été interdites depuis des années.

Selon les calculs des ONG de l'EEB, la Belgique paierait cher le maintien de ces technologies par Signify (Philips). Ces vieilles ampoules toxiques et énergivores coûteraient aux contribuables belges 265 millions d'euros en économies d'efficacité énergétique perdues au cours des deux prochaines années.

Le bureau estime que la Commission européenne aurait dû légalement retirer ces ampoules de la vente dès 2018, mais elle n'est pas intervenue. 

"Le dernier homme debout"

Le maintien de cette technologie nocive, tant pour l'environnement que pour le portefeuille des citoyens, s'inscrit dans une stratégie commerciale de longue durée qui apparaît dans les rapports des actionnaires de Signify, consultés par l'EEB. Il s'agit de la "stratégie du dernier homme debout". Elle vise à être le "dernier producteur de lampes fluorescentes hautement rentables", peut-on lire sur le site web de l'European Environmental Bureau.

Des centaines de millions d'ampoules de ce type seraient donc encore utilisées dans les foyers et les entreprises européennes, malgré le fait qu'elles consomment généralement deux fois plus d'électricité que les alternatives LED pour la même quantité de lumière.

Couts environnementaux et coûts de production

Pourquoi les ampoules fluorescentes sont-elles plus nocives ? Les ONG expliquent que ces lampes contiennent du mercure et une puissante neurotoxine qui peuvent se répandre dans l'environnement lorsque l'ampoule se brise. Ce qui serait le cas pour plus de la moitié des ampoules en Europe, à cause en partie d'une manipulation inappropriée des déchets.

En outre, ces ampoules cessent de fonctionner deux à trois fois plus vite que les LED, note le bureau européen. Les remplacements sont plus fréquents, et les vieilles lampes donc plus rentables. D'autant plus que la production de LED est plus coûteuse. "La stratégie de Signify, qui s'appliquait également aux ampoules halogènes inefficaces, génère des marges bénéficiaires supérieures à 16%", indique l'EBB.

"Les vrais pros disent adieu au fluorescent"

Cette stratégie commerciale dénoncée par les ONG's n'empêche pas Signify de se présenter comme un défenseur moderne de l'environnement. "Nos innovations contribuent à un monde plus sûr, plus intelligent et plus durable", note la marque sur son site web. L'EBB signale que l'entreprise est également membre du Pacte mondial des Nations unies et de son initiative "Business Ambition for 1.5C". Le slogan marketing de Signify pour les LED ? "Les vrais pros disent adieu au fluorescent".

"Les rapports des actionnaires de Signify de 2017 à 2020 montrent que la marque a activement et avec succès étendu sa part de marché et sa rentabilité dans les technologies d'éclairage les plus inefficaces", s'exaspère l'EBB. Du lobbying aurait été réalisé par l'entreprise pour retarder les interdictions de ces lampes en Europe et dans les pays en développement. "L'Union européenne a accepté les retards, malgré les preuves de dommages causés aux consommateurs et à l'environnement", pointe les ONG.

À l'heure actuelle, Signify n'a pas encore réagi aux accusations de l'European Environmental Bureau.