Consommation Pour savoir quel impact à un produit sur votre santé et l’environnement, un nouvel étiquetage s’impose.

C’est une vaste enquête que vient de boucler 60 Millions de consommateurs, publié dans son hors-série en kiosque. Les produits ménagers que l’on retrouve dans nos placards sont plus ou moins dangereux, mais aucun étiquetage clair ne permet d’avertir le consommateur.

Le magazine plaide donc pour un nouveau mode d’étiquetage, à la façon du Nutriscore qui classe les produits alimentaires en fonction de leur impact sur notre santé.

60 Millions de consommateurs a ainsi passé pas moins de 108 produits au crible et au vu des résultats alarmants de ses tests, réclame que l’on instaure un Ménag’score afin d’alerter les utilisateurs. "Allergènes en pagaille, molécules irritantes, désinfectants favorisant la résistance bactérienne… Clairement, les flacons censés nettoyer nos logements nuisent à notre santé et polluent l’environnement alors même qu’on les utilise pour assainir. Un comble !", dénonce 60 Millions de consommateurs.

Pictogrammes et mentions d’avertissements ne sont pas suffisamment clairs et souvent noyés dans un flot d’informations relatives à l’utilisation du produit. Pour y remédier, 60 Millions de consommateurs propose que l’on établisse un nouvel étiquetage, à la façon du Nutriscore, en classant les produits de A à E, le meilleur score étant attribué aux produits les plus vertueux tandis que le "E" recenserait ceux qui contiennent un grand nombre de substances problématiques. "Ce nouvel étiquetage - qu’on pourrait baptiser ‘Ménag’score’ - reprendrait les codes du Nutri-Score. Il permettrait au consommateur d’acheter en connaissance de cause, pour sa santé mais aussi pour la planète."

Voici ce que cela donnerait.

A : Aucune substance indésirable pour la santé et l’environnement. "Aucun des produits que nous avons étudiés ne correspond à ce critère", s’inquiète 60 Millions de consommateurs.

B : Peu de substances indésirables pour la santé ou pour l’environnement. "Moins de 2 % des produits étudiés correspondent à ce critère."

C : Quantité modérée de substances irritantes, allergisantes et/ou nocives pour la santé ou pour l’environnement. "Moins de 15 % des produits étudiés correspondent à ce critère."

D : Quantité importante de substances irritantes, allergisantes, ou présence d’une substance très nocive pour la santé ou pour l’environnement. "Plus de 25 % des produits étudiés correspondent à ce critère."

E : Quantité importante de substances irritantes, allergisantes et très nocives pour la santé (perturbateurs endocriniens, cancérogènes, reprotoxiques, toxiques…) et pour l’environnement. "Plus de la moitié des produits étudiés correspondent à ce critère !"


Des risques parfois graves pour la santé

Sous des noms barbares, les composants ont de quoi effrayer Parmi les 108 produits analysés, les grandes marques que nous utilisons sont loin de s’en sortir avec les honneurs. Rayon déodorants, c’est “l’asphyxie assurée” , pointe 60 Millions de Consommateurs. Exemple : Air Wick, stick’up zeste d’agrumes citrus révèle la présence de 6 allergènes et de bezisothiazoline, un conservateur particulièrement irritant et allergisant.

En ce qui concerne les produits d’entretien, carton rouge pour Ajax Fête des Fleurs. “C’est plutôt la fête des allergènes : linalol, hexyl xinnamal et citronellol. Un autre parfum pose question : le butylphenyl methylproponial, irritant, sensibilisant et perturbateur endocrinien suspecté. Le désinfectant, le glutaral, peut lui aussi provoquer des allergies cutanées, des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves.” Rien que ça. Ariel, Carolin, Le Chat, Cif, St Marc, autant de grandes marques qui ne s’en sortent guère mieux.

Le magazine n’est pas plus tendre avec les désinfectants, qu’il juge “inutiles et nocifs.” Harpic, Ajax, Cillit Bang… Une fois de plus, les grandes marques sont pointées du doigt. Dans le cas du Cillit Bang (nettoyant surpuissant avec javel, en spray), il y a en effet de quoi se poser des questions rien qu’en lisant l’étiquette. “Ne pas laisser agir plus de cinq minutes mais au moins cinq minutes pour éliminer 99,9 % des bactéries.” La composition inquiète également. Eau de javel, soude caustique et un ammonium quaternaire, le lauramine oxide. “Un mélange pouvant provoquer ds brûlures de l’épiderme et des yeux.” Sans compter l’impact sur l’environnement. “La javel, très toxique pour la vie aquatique, peut en plus former des composés toxiques après rejet dans les eaux usées.”