Les commerçants espéraient que les chalands seraient alléchés par les réductions de prix plus importantes que les années précédentes vu l'ampleur des stocks. Mais pour le SDI, les limitations imposées clients dans le cadre de la lutte contre le Covid les ont incités à rester chez eux.

"Sauf rare exception dans certains quartiers ou centres commerciaux, les membres commerçants de fédération font en effet état d'une journée particulièrement morose et décevante, très loin de l'affluence sur laquelle ils comptaient".

Pour l'organisation patronale, indépendamment de la crise sanitaire, les soldes font de moins en moins recette en raison des promotions accordées dès le mois de juin, le succès du commerce électronique et la concurrence transfrontalière avec la France, les Pays-Bas et l'Allemagne.

Pour Comeos, la fédération du commerce et des services, ce début de soldes n'est rien moins que "dramatique", avec des chiffres d'affaires réduit de moitié par rapport à l'an dernier.

Selon l'organisation très peu de clients ont investi les magasins samedi en matinée. Ils étaient toutefois un peu plus nombreux dans l'après-midi.

Le syndicat neutre des indépendants (SNI) pose le même constat. Selon des données avancées par l'organisation, le chiffre d'affaires serait cette année deux fois moins élevé qu'au début des soldes de l'année dernière.

"Le printemps était déjà particulièrement mauvais à cause du coronavirus. Maintenant que les règles ont été renforcées, de sorte que les achats ne sont autorisés que pendant 30 minutes au maximum et doivent être faits seuls, cela freine les achats. Si nous voulons éviter qu'un magasin sur cinq n'arrive pas à la fin de l'année, il faut changer rapidement les règles", réagit sa présidente, Christine Mattheeuws. "Les soldes, ça se fait avec son partenaire, avec ses enfants ou avec ses amis, alors faisons l'analogie avec l'horeca pour nous permettre de faire du shopping avec notre bulle".

En raison de la crise sanitaire, le coup d'envoi officiel des soldes, traditionnellement donné le 1er juillet, a été reporté cette année au 1er août.

Des mesures à long terme pour éviter "un tsunami de faillites"

Le SNI demande que les entreprises en bonne santé, touchées de plein fouet par la crise du coronavirus, soient aidées financièrement sur le long terme, sous peine de vivre un "tsunami de faillites" en Belgique. Le nombre de faillites en Belgique a été contenu jusqu'à présent mais un moratoire sur les faillites avait été instauré. Avec la fin du moratoire, de nombreux observateurs et spécialistes s'attendent à ce que les dépôts de bilans explose après l'été.

"Les entreprises peuvent actuellement compter sur de nombreuses mesures de soutien telles que le droit passerelle, le chômage temporaire de leur personnel et diverses mesures de soutien fiscal et financier. Le gouvernement a agi à cet égard bien et rapidement. Cependant, il est maintenant très important de développer le soutien à plus long terme", juge le SNI, qui craint qu'une fois les mesures actuelles réduites ou supprimées, "les entrepreneurs devront s'en sortir seuls, ce qui ne sera pas possible pour beaucoup d'entre eux au vu des faibles chiffres d'affaires".

Le SNI demande donc des mesures de soutien "plus nombreuses et plus longues" pour aider les entreprises saines à sortir des effets du coronavirus.