Même au repos, la tension est trop élevée. Des mesures simples à mettre en place permettent de normaliser cette maladie très fréquente.

Selon la Société européenne de cardiologie, on est hypertendu quand plusieurs mesures sont supérieures aux normes : entre 130/85 mmHg et 139/89 mmHg, il s’agit de pré-hypertension ; à partir de 140/90 mmHg, c’est de l’hypertension. Ces chiffres sont ceux retenus en cabinet : pour l’automesure à la maison, on parle d’hypertension au-delà de 135/85 mmHg.

En effet, la tension est généralement plus basse sans le stress lié à la visite chez le médecin. Si les mesures sont inférieures à 160/95 mmHg, combiner plusieurs mesures d’hygiène de vie peut suffire à la normaliser.

Perdre du poids

Quelque 50 % des hypertendus ont une obésité abdominale. "Perdre de 5 à 7 kg si l’on est en surpoids peut diminuer la pression artérielle à la fois diastolique et systolique de 10 mmHg", dit le Pr Pathak. Cela permet, par exemple, de passer de 140/90 à 130/80.

Bouger davantage

L’activité physique dilate les vaisseaux, assouplit les artères et permet d’avoir une fréquence cardiaque plus basse au repos pour réduire la pression sanguine. On note une baisse immédiate de 10 à 20 mmHg juste après une séance, qui peut durer jusqu’à 24 h. Une pratique régulière entraîne une baisse d’environ 9 mmHg de la pression systolique. "L’effet est net dès 3 fois 30 minutes par semaine d’une activité type marche rapide, natation ou vélo", précise le Pr Pathak. Il est recommandé d’y associer du renforcement musculaire 2 à 3 fois par semaine (mouvements avec des haltères ou des élastiques). En revanche, les efforts intenses type squash et les exercices de musculation avec de gros poids sont déconseillés.

Diminuer le sel

L’objectif est de ne pas dépasser 6 g de sel/jour. Il ne s’agit pas d’adopter un régime sans sel strict mais de diminuer pain et biscottes, fromage, charcuterie et plats préparés. Attention aussi aux pourvoyeurs de sel auxquels on pense moins comme la moutarde, les bouillons cubes ou la sauce soja ! En parallèle, consommer assez d’aliments riches en potassium (fruits et légumes, légumineuses, fruits secs…). "Dans certaines hypertensions très sensibles au sel, réduire les apports permet même d’obtenir une baisse supérieure à - 10 mmHg", ajoute le cardiologue.

Réduire sa consommation d’alcool

L’alcool stimule le système nerveux impliqué dans la hausse de la tension. Les études médicales indiquent que réduire sa consommation, si l’on boit plus de 2 verres par jour, entraîne une baisse de la pression artérielle : - 4,7 mmHg et jusqu’à - 6,7 mmHg chez les plus gros buveurs réduisant leurs apports d’au moins 50 %. Pour le Pr Pathak, la limite à ne pas dépasser pour protéger sa santé cardiovasculaire est d’un verre de vin rouge par jour. Les autres alcools ne doivent pas être consommés au quotidien.

Pratiquer des méthodes de relaxation

En régulant le système nerveux, elles abaissent la fréquence cardiaque et la tension artérielle. "Yoga, méditation, sophrologie, cohérence cardiaque… ; toutes les formes de relaxation sont bonnes à prendre mais il faut pratiquer très régulièrement pour garder le bénéfice, dans l’idéal tous les jours", souligne le Pr Pathak. Avec le yoga, des patients hypertendus ont vu baisser leur tension systolique de 5 mmHg et leur tension diastolique de 3,9 mmHg en moyenne, au bout de 2 à 3 mois grâce à 3 à 4 séances de 25 minutes à 1 heure par semaine.

Si l'hypertension est sévère

Lorsque la tension dépasse 160/95 mmHg, un traitement est indispensable pour la faire baisser. Idem si les mesures d’hygiène de vie n’ont pas suffi à la normaliser après 3 mois. Les médecins commencent par associer 2 médicaments faiblement dosés (bêtabloquant, inhibiteur calcique, diurétique…) dans un même comprimé. Si cela ne suffit pas, un troisième voire un quatrième médicament est envisagé jusqu’à parvenir à maintenir la tension en dessous de 130/80 mmHg. Généralement, le traitement se prend à vie.