A partir de ce vendredi minuit, tous les bars et restaurants du pays doivent fermer leurs portes. Certains patrons de l'horeca entendent en profiter pour faire venir une dernière fois leurs clients. Quitte à négliger les recommandations.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux établissements invitent leurs clients à venir boire un dernier verre, avant leur fermeture jusqu'au 3 avril à cause du coronavirus. Des événements déjà baptisés "Lockdown Party", censés permettre aux établissements de vider les fûts restants, voient ainsi le jour sur Facebook. Et forcément, certains cassent les prix. 

Au Miroir à Jette par exemple, on organise un "happy hour" à partir de 20 heures. Autrement dit: un verre acheté, un verre offert. D'autres cafés bruxellois ont eu la même idée. Le Dynamo, à Saint-Gilles, a ouvert ses portes dès 13h pour un "killing the kegs" (littéralement "tuons les fûts"). Idem à Uccle, au Beergium Bar, ainsi qu'à Waterloo au Bar de l'Amusoir, où on invite les clients à venir une dernière fois. En Flandre, le phénomène a pris une telle ampleur que le bourgmestre de Heers, dans le Limbourg, a déjà fait fermer tous les cafés de sa commune dès 15h.

Interrogé par le Nieuwsblad, le virologue Marc Van Ranst est d'ailleurs très clair: ce n'est vraiment pas une bonne idée de se rendre dans un endroit avec du monde. Cela pourrait favoriser la propagation du virus. "Ces personnes n'ont visiblement pas compris le message. Peut-être aurait-il fallu fermer l'horeca dès 17h. Je comprends parfaitement les inquiétudes du secteur, qui va au devant d'une période difficile. Mais en lançant comme ça une 'lockdown party', on annule en partie les mesures qui ont été prises", prévient-il. 

Mieux vaut donc rester chez soi, même si la tentation est grande de boire un verre ensemble une dernière fois avant la fermeture des établissements, et de marquer ainsi son soutien à un secteur horeca qui va forcément souffrir. Et prévoir, déjà, d'honorer les bars à leur réouverture, en toute sécurité.