Vendredi 13 mars, les Belges sont entrés, progressivement, en confinement

Vendredi 13 ! Pour les superstitieux, c’est un signe qui ne trompe pas. Ce jour-là, on a pris conscience que le coronavirus allait changer nos vies, en Belgique aussi. Deux semaines plus tard, la fin du confinement est loin d’être une réalité. Les hôpitaux voient les malades affluer chaque jour en nombre croissant. L’impact économique suit, lui aussi, une courbe vertigineuse. Pour les commerçants, un marathon a commencé. Qu’ils soient ouverts ou contraints à fermer, c’est avec angoisse que chaque nouvelle journée commence.

Vendredi 13 mars : à minuit, les cafés et restaurants doivent fermer leurs portes. Seuls les snacks et la vente à emporter ou les livraisons sont désormais autorisées. La mesure frappe durement le secteur, mais des aides sont rapidement mises en place. La Flandre dégaine en premier : 4 000 € par exploitant qui voit son activité stoppée brutalement. La Wallonie et Bruxelles tardent à suivre mais adoptent des mesures similaires. Quelques récalcitrants se font rappeler à l’ordre, mais le secteur se résilie rapidement. On regrettera cependant les lockdowns parties qui se sont multipliées le vendredi 13, voyant les gens se rassembler de manière inconsciente pour une dernière fête avant la fermeture. Une attitude dont les répercussions se font bien évidemment toujours sentir : certains fêtards sont aujourd’hui hospitalisés, en soins intensifs. Si certains restaurateurs ont manifesté leur colère dans les premiers jours, ils ont tous rapidement compris que la mesure était nécessaire, mais pas forcément suffisante. Ils dénoncent d’ailleurs certaines aberrations, une trop grande latitude par rapport à certains commerces ou même les marchés, qui restent alors provisoirement ouverts.

Mercredi 18 mars : le gouvernement passe à la vitesse supérieure et annonce de nouvelles mesures, plus strictes. Tous les commerces doivent fermer, à l’exception des commerces d’alimentation, des librairies, des banques, de la poste, des stations-service et, naturellement, des pharmacies. Seuls les secteurs vitaux peuvent rester en activité. Pas de changement pour l’Horeca, où le take away, la livraison et les snacks restent ouverts. De façon incompréhensible, les coiffeurs sont toujours autorisés à exercer, sur rendez-vous et en accueillant maximum un client à la fois. Dans la grande distribution, des règles de distanciation sont imposées : maximum un client par 10 mètres carrés (certaines enseignes préconisent même 1 client par 15 mètres carrés) et 30 minutes maximum dans le point de vente pour faire ses courses.

Mercredi 25 mars : le gouvernement accède à la demande des coiffeurs, eux aussi désormais inclus dans la liste des commerces qui doivent fermer. Autre mesure annoncée par la Première ministre, l’extension des heures d’ouverture pour les commerces d’alimentation. Ils sont désormais autorisés à ouvrir leurs portes à 7 heures et à les fermer à 22 heures. Un tollé auprès des syndicats qui dénoncent déjà des cadences infernales et un personnel en première ligne, à bout. Dans les grandes surfaces, c’est toujours le rush. Des clients vidant les rayons de papier toilette, essuie-tout, mouchoirs, produits désinfectants, pain, viande, charcuterie, farine : tout y passe. Difficile aussi de faire respecter les règles de distanciation. Pour faire des provisions, certains Belges semblent prêts à tout, y compris à prendre des risques.