Cette semaine encore, l’Afsca a fait retirer des commerces une importante quantité de produits fabriqués à base de matières premières contenant des traces d’oxyde d’éthylène supérieures aux normes admises. Pour l’Afsca, comme pour ses consœurs européennes, ces rappels de produits se multiplient depuis l’été dernier.

"Plusieurs facteurs expliquent ces nombreux retraits", explique Jean-Sébastien Walhin, directeur de la communication de l’Afsca. "Le premier est lié à la décision de la Commission européenne datant de l’été dernier d’appliquer une tolérance zéro au niveau des matières premières dès qu’une trace d’oxyde d’éthylène supérieure à la norme autorisée est décelée."

En Europe, la limite est de 0,1 mg/kg pour les épices et 0,05 mg/kg pour les graines. "Ce qui explique la forte augmentation des rappels, c’est l’approche novatrice de la Commission, en s’attaquant aux matières premières et pas aux produits finis. Si l’on prend le cas des épices, par exemple, on peut comprendre l’impact que cela peut avoir. Sur un lot de 1 000 kg dont seulement 1 gramme entre dans la composition d’un kilo de plat préparé, l’impact est énorme car cela implique le retrait d’un million de kilos de ce plat préparé."

Pour l’Afsca, la surcharge de travail est donc gigantesque et des précisions ont été demandées à la Commission européenne pour apporter davantage de clarté sur cette décision menant à un important retrait de produits.

Depuis 2002 et l’entrée en vigueur de la general food law, les contrôles se basaient sur une analyse du risque. "Si le produit présentait un risque pour le consommateur, il était retiré. Désormais, c’est une démarche en amont, beaucoup plus préventive. Dès que la matière première est non conforme, on rappelle tous les produits qui ont été fabriqués avec. L’impact est donc considérable pour les entreprises."