Les chiffres livrés par la FEDRIS sont encourageants, mais on pourrait mieux faire encore : en effet, au niveau européen, notre pays se situe dans la moyenne basse au niveau du nombre d’accidents dans le secteur de la construction.

« Notre objectif est de nous placer dans le peloton de tête, occupé par les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l'Irlande et la Suède. Des pays où les ouvriers de la construction ont deux fois moins de risques d'avoir un accident du travail », note Niko Demeester, directeur-général de la Confédération Construction.

Tout accident est un accident de trop !

La Confédération Construction a lancé la campagne de sensibilisation Safety My Priority en 2019. Celle-ci insiste sur l'importance de la sécurité sur, depuis, et vers les chantiers, pour tous les entrepreneurs de la construction. Un magazine et un site Internet, www.safetymypriority.be, y sont également dédiés. Les entrepreneurs y ont la possibilité de signer une charte par laquelle ils s'engagent à donner la priorité absolue à la sécurité sur tous les chantiers et pour toutes les activités, ainsi qu'à un comportement sûr (tant de la part de leur propre personnel que de leurs sous-traitants ou de leurs partenaires). Près de 2 600 entreprises de construction ont à ce jour signé cette charte.

Une prise de conscience collective

L’objectif de la campagne Safety My Priority est de sensibiliser tous ceux qui, professionnellement, sont actifs dans le secteur de la construction et de la rénovation. Concrètement, une prise de conscience collective plus large et profonde autour de la prévention des risques et de la sécurité doit permettre de réduire considérablement le nombre inacceptable d’accidents du travail. La campagne : « La sécurité au travail : faisons bloc ! » en est le coup d’envoi.

« Nous devons absolument modifier notre attitude, donner l’exemple et évoluer de façon constructive pour réduire le nombre d'accidents du travail sur nos chantiers ! », a observé

Paul Depreter, président de la Confédération Construction.

Zoom sur la sécurité à la « Journée Chantiers Ouverts »

La sécurité sur chantier sera l’un des thèmes de la « Journée Chantiers Ouverts ». A travers cette thématique, la Confédération Construction compte témoigner d’un grand changement. « La construction n’est plus un secteur proposant des jobs dangereux, sales et mal payés. Grâce à l’évolution actuelle, et surtout grâce la sécurité mise en place, le secteur a aujourd’hui retrouvé ses lettres de noblesse. » Rendez-vous sur www.journéechantierrsouverts.be pour plus d’informations sur tous les chantiers, techniques et professions de la construction. Et laissez-vous émerveiller par les images, vidéos et reportages !

« Plus qu’un coût, la sécurité est un investissement »

Lors du forum construction 2019, les politiques se sont exprimés sur le sujet sécurité et la responsabilité des pouvoirs publics.

Pour David Clarinval (ministre MR), « On a souvent l’habitude de voir la sécurité comme un coût, mais quand on intègre la sécurité comme un investissement, on constate deux choses. La première, c’est que les travailleurs bénéficient de davantage de bien-être au travail car ils sentent que l’on se préoccupe de leur sécurité, et la deuxième est que cette initiative est rentable puisqu’à terme, on a moins d’accidents, de dommages (...). Il serait donc stupide de ne pas intégrer la sécurité sur les marchés publics pour que ce soit une priorité. »

Pour Olivier Maingain (DéFI), les pouvoirs publics ont la maîtrise de donner au critère sécurité un poids plus important à prendre en considération pour attribuer un marché. Ils doivent sans doute avoir une réflexion plus poussée à ce sujet (...). Il y a à instaurer du côté des pouvoirs publics un code de bonne pratique quant à la surveillance des chantiers. »

Selon Maxime Prévot (cdH), enfin, « Modifier le cahier des charges n’est pas le meilleur moyen car on risque alors de créer une concurrence malsaine entre les entreprises et ce critère pourrait être utilisé pour disqualifier certaines offres. Modifions plutôt le cadre légal pour que la sécurité s’impose à tous par le haut plutôt que via les cahiers des charges. »

Concernant la place de la sécurité dans l’enseignement technique, professionnel et universitaire, il a ajouté : « Certains établissements font en sorte que leurs élèves puissent avoir le brevet CPA mais ce n’est pas le cas de toutes les écoles. Le Forem et Actiris le proposent pour les chômeurs mais pas pour celles et ceux qui sortent de l’enseignement. Rendre cette dimension de sécurité obligatoire serait une manière d’en favoriser l’acquisition dans toutes les filières concernées. »

Le saviez-vous ?

  • En 2019, le secteur de la construction belge décomptait 8 899 accidents du travail avec au moins un jour d’incapacité, soit 34 accidents par jour presté. La même année, 9 décès étaient à déplorer.
  • Par rapport à 2014, le nombre d’accidents du travail avec incapacité a baissé de 14,2 %.
  • Le visuel de la campagne Safety My Priority met en scène le célèbre jeu Jenga. Dans ce jeu, il est nécessaire de réfléchir d’abord, et d’agir ensuite. Une belle métaphore de ce qui se passe sur chantier : soyez conscient de ce que vous faites avant de le faire !

[1] Selon les chiffres de FEDRIS, l'Agence fédérale des risques professionnels.

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