Alors que le déconfinement se poursuit en Belgique, les propriétaires de secondes résidences ne sont toujours pas autorisés à se rendre dans leur autre propriété. "Il n'y a aucune raison scientifique à cela", peste Ann Willekens dans Het Laatste Nieuws.

"Nous ne comprenons pas pourquoi nous ne pouvons toujours pas nous rendre dans notre deuxième résidence", explique la cinquantenaire originaire de Kampenhout et propriétaire d'une maison à Westende. Selon elle, les règles de sécurité peuvent tout aussi bien être respectées dans une habitation à la Côte qu'à l'intérieur du pays.

Tant que les gens n'enfreignent pas les règles et restent dans leur "bulle", le virologue Marc Van Ranst a déclaré qu'il ne pensait pas que le déplacement vers une seconde résidence puisse accélérer la propagation du virus, précise le journal.

Ann est donc bien décidée à ne pas se laisser faire. Après avoir envoyé une pétition restée lettre morte au Conseil de sécurité, elle recherche maintenant un avocat qui pourrait représenter les propriétaires d'une deuxième résidence devant les tribunaux. Ann n'est en effet pas seule. Elle a récemment créé un groupe Facebook regroupant plus de 4.000 membres. Et, selon ses dires, 300 membres pourraient participer à l'action en justice. Impossible toutefois de confirmer ses propos puisque le groupe "Tweede verblijvers kust en daarbuiten" (ndlr : propriétaires de secondes résidences à la côte et ailleurs) renvoie maintenant vers une page d'erreur.

"Nous n'avons que Blankenberge"

"La santé publique prime, mais nous ne comprenons pas que nous puissions maintenant rendre visite à notre famille à la Côte mais qu'il nous est toujours interdit de rentrer à l'intérieur de notre appartement", explique Roger Huylebroec, un propriétaire lui aussi interrogé par le journal flamand. "Nous ne prenons jamais de vacances, nous n'avons que Blankenberge", soupire-t-il.

De nombreux propriétaires souhaitent se rendre dans leur deuxième résidence à la fois pour changer de décor, mais également pour entretenir leur bien. "Certains craignent que leur trop longue absence donne des idées aux cambrioleurs", note Ann. Selon elle, la solution serait que tout le monde puisse se rendre dans le logement qu'il possède. "Les commerçants seraient également contents de nous revoir", plaide-t-elle.