Contrôler l’éclairage, le chauffage, la hi-fi, les volets de chez soi depuis un iPad ? Fastoche. Et à Batibouw, ça marche fort.

BRUXELLES Domotique. Contraction du latin Domus (maison) et d’informatique. Branche jadis sectaire réservée aux geeks qui ont les moyens, la maison domotisée est en pleine phase d’envol vers des terres plus grand public. Et donc plus fertiles. Ce n’est pas à Batibouw, qui lui dédie tout un palais (le 9, violet), qu’on dira le contraire.

Ici, on pilote son éclairage depuis son iPad, visualise par transmission vidéo l’état de son garage sur son ordi, lance la préparation de son café depuis son bain, checke les courbes de chaleur de sa chaudière sur son iPhone. Ici, quand un intrus se faufile chez vous, l’alarme hurle, les volets se ferment, un SMS vous est transmis et les caméras installées chez vous enregistrent et relayent l’image du fraudeur à distance. Ici, toute la maison se commande depuis un seul poste, tactile. Ici, la maison high-tech prend vie.

Et, preuve de l’essor de la tendance, Chacon, acteur belgo-belge ès domotique a, pour la première fois, réservé un stand dédié au salon. “Nous étions jadis présents via Brico , nous éclaire Valérie Renier, product manager. Mais depuis que la ligne de magasins a décidé de ne plus venir, nous étions absents. Vu le boom de la domotique, nous avons estimé que notre présence, en stand-alone, s’imposait”

Boom, vraiment ? “Tout le monde ne sait pas encore ce qu’est la domotique et ce qu’elle permet. Mais micro-boom, c’est sûr. Je l’explique par deux facteurs. Primo : une baisse substantielle des coûts. Aujourd’hui, automatiser sa maison est devenu abordable. On peut toujours en avoir jusqu’à 50.000 €, mais il est tout à fait possible de débuter pour moins de 1.000 €… Deuzio, l’intégration est devenue moins invasive. Auparavant, vous étiez obligé de passer par un professionnel, d’utiliser le réseau éléctrique, de faire des saignées, et d’avoir un poste de contrôle pour lequel il fallait presque une formation d’ingénieur IT avant d’en comprendre le fonctionnement… Résultat : seules les personnes qui construisaient se renseignaient. Aujourd’hui, plus aucun câble n’est nécessaire, et tout le monde peut adapter, en moins de deux heures, sa maison à la domotique” . Et de nous démontrer la chose : “notre système s’articule autour d’une petite centrale à connecter à votre routeur. Ensuite, il suffit de démonter vos interrupteurs et de les remplacer par les nôtres, couplés à un petit récepteur. Vous placez la commande où vous voulez, ou téléchargez l’application (Apple ou Android), et vous contrôlez tout l’éclairage à domicile, comme à distance, depuis un smartphone ou un tablette” .

Volets, sécurité (la firme propose caméras, détecteurs de mouvement ou de fumée), les applications sont multiples. Un ordre d’idée de prix ? “La centrale plus une caméra coûtent 329 €”

Bien sûr, d’autres technologies, plus pointues, existent (KNX, via le réseau électrique, qui standardise la domotique). Si vous désirez qu’en effleurant un bouton à votre réveil, une musique douce se mette en route, un éclairage tamisé irradie le couloir, que le chauffage se déclenche dans la salle de bains et que la machine à café se mette en route, il va toutefois falloir investir un chouïa plus…



© La Dernière Heure 2012