Il suffit d’aller faire un petit tout à la côte pour s’en rendre compte : le nombre d’appartements à vendre est très élevé. "À court terme, on a beaucoup construit alors que, dans le même temps, de nombreux appartements existants sont arrivés sur le marché de la vente", commente Mathieu Verwilghen, de l’agence immobilière Century 21.

Un certain nombre d’anciens propriétaires souhaitent se défaire de leur appartement parce qu’ils ne se voient plus effectuer le trajet chaque semaine pour aller à la mer.

"Il y a pour l’instant une offre excédentaire", reconnaît Mathieu Verwilghen.

Dans le même temps, la demande diminue, d’autant que plusieurs communes viennent d’instaurer une taxe sur les résidences secondaires. "Cela augmente les frais et les candidats acheteurs y regardent à deux fois. Et puis, les parents préfèrent souvent aider leurs enfants à acquérir un bien plutôt que de s’offrir une seconde résidence." Ajoutons que les banques se montrent plus réticentes à octroyer des prêts, surtout lorsqu’il s’agit d’un second logement.

"La côte dispose toutefois d’un atout, poursuit Mathieu Verwilghen. Il y a beaucoup de personnes de plus de 50 ans qui pensent venir y terminer leurs jours et cela soutient la demande."

Mais tout de même, les chiffres des six premiers mois de l’année prouvent qu’il existe un net fléchissement. Ainsi, on a vendu 12,2 % de flats en moins, selon des chiffres d’Immotheker. C’est surtout à Bredene (- 21,2 %), Le Coq (- 17,3 %) et Knokke-Heist (- 15,1 %) que l’on a enregistré une diminution des ventes.

Century 21 parle pour sa part d’un recul de 4 à 7 %. "Cela dépend fort d’une commune à l’autre, selon Mathieu Verwilghen. À Coxyde et La Panne, qui sont tout près de la frontière, la situation reste bonne grâce aux acheteurs français. Les villas de grand luxe à Knokke trouvent elles aussi preneurs, ainsi qu’au Coq, où beaucoup d’Allemands viennent s’établir. En revanche, à Ostende, on note un recul."

Le promoteur Filip Dewaele nuance : "Le marché immobilier à la côte ne connaît certainement pas une crise profonde. Peut-être que les gens mettent un peu plus de temps avant de se décider mais, jusqu’à présent, nous avons vendu autant que l’année passée."

L’agence ERA tient le même discours : "Ce que nous constatons est que le prix demandé est plus élevé que le prix de vente réel. Donc, il est possible que les acheteurs attendent pour faire baisser les prix mais cela ne porte pas sur des montants énormes."

Certains responsables de nouveaux projets immobiliers se montrent particulièrement imaginatifs pour convaincre leurs clients s’il reste des appartements invendus. Ils proposent des extras comme une petite voiture ou encore une cuisine ou une salle de bains équipées.

C’est une tendance qui vient de l’étranger où l’on va encore plus loin, en offrant parfois un voyage. "Aux Pays-Bas, j’ai connu un promoteur qui offrait une Ferrari", conclut Mathieu Verwilghen.